Ce soir, on plonge dans l’univers musical aux douceurs Pop édulcorées du duo parisien, Flocon, ou encore l’essence d’une complicité fraternelle qui se distille en mélodies terriblement addictives sur leur dernier titre, « Baignoire Bleue ». Ainsi, c’est dans une atmosphère sonore contagieuse que ce duo attachant a décidé de se révéler en 10 questions, histoire de nourrir notre curiosité mélomane pour le reste de la soirée.
1 ) Qui êtes-vous ?
Nous sommes Anouk et Léo, et nous avons formé Flocon, un duo soeur-frère il y a maintenant deux ans. Nous vivons à Paris où nous travaillons en parallèle de notre activité artistique, respectivement dans le jazz et sur une thèse qui explore les liens entre industrie musicale et pratique amateure. Nous puisons notre inspiration dans nos racines girondines, de la pinède à l’océan, des grands lacs aux terroirs viticoles où nous passons nos vacances depuis l’enfance.
2 ) Quel est votre parcours ?
Nous avons eu la chance de grandir sans grands problèmes au sein d’une famille aimante et très tolérante, jusqu’à commencer le même type d’études généralistes pour obtenir la sécurité d’un diplôme. Progressivement (malgré quelques virages plus ou moins hasardeux), nous nous sommes orientés vers le monde culturel, dans le spectacle vivant et dans la recherche donc, tout en créant un projet musical que nous avons désormais la chance de partager tous les deux.
3 ) Que pouvez-vous nous dire en quelques mots sur votre musique ?
Nous écrivons des chansons en français pour partager notre anxiété comme nos espoirs, avec une légèreté décalée vis-à-vis des trajectoires sociales et environnementales actuelles. Nous essayons de les relier à nos expériences de vie ordinaire en musique, d’injecter du sensible dans ce qui est généralement traité en termes scientifiques ou politiques. Par exemple, un de nos derniers singles “Baignoire Bleue” fait l’éloge de la paresse, de l’ennui et de la lenteur dans un monde où tout nous pousse à accélérer, accumuler, enchaîner les nouveaux projets, vivre plus intensément. C’est peut-être un peu candide mais qu’importe, tant que cela diffuse de bonnes vibrations !
Pour positionner notre musique dans un genre, nous dirions tout simplement qu’elle est pop, en ce sens qu’elle se veut accessible au plus grand nombre et respecte des canons d’écriture assez communs (couplets, refrains…). Dans le même temps, nous y laissons transparaître tous les registres qui nous influencent : le jazz, l’électro, la disco-funk, la chanson française… On se situe sûrement quelque part entre le mainstream et l’indie.
4 ) Quelles sont vos inspirations ?
Nous n’avons pas de références figées puisqu’on ne fait que bricoler au gré de ce qui nous émeut chaque jour, de ce qui nous évoque des souvenirs ou nous touche spontanément. Mais comme beaucoup d’artistes aujourd’hui, nous sommes tout de même très influencés par l’héritage french touch de groupes
comme Daft Punk, Air, Cortex… Aussi, les chansons de Barbara, les textes de Brigitte Fontaine, l’esthétique de Catastrophe, le groove city-pop, ou la musique symphonique japonaise comme celle des films de Miyazaki. Nous nous inspirons beaucoup du cinéma des années 70 dans nos clips réalisés par João Delfim, et de la symétrie du monde loufoque de Wes Anderson. Même si notre musique semble assez différente de tout cela, on peut trouver des indices de ces inspirations semés ça et là dans nos harmonies, dans nos paroles, dans nos mélodies…
5 ) Quelle est votre playlist actuelle ?
Allez, voici une petite sélection en 12 titres, accrochez-vous car nous n’avons pas fait le choix de la cohérence :
- – Palco (Gilberto Gil)
- – L’hiver (Voyou)
- – Pipornithology Pt.2 (Chassol)
- – C’est normal (Brigitte Fontaine, Areski)
- – Le mystère abyssal (MPL)
- – Poxa (Cortex)
- – Histoire d’un soir (Bibi Flash)
- – Saturnine (GoGo Penguin)
- – Musique (France Gall)
- – Les vacances au bord de mer (Michel Jonasz)
- – People Tell me (Gabi Hartman)
- – Fiore Mio (Andrea Laszlo da Simone)

6 ) Quel est le plat que vous cuisinez le mieux ?
Très bonne question, on aime l’énergie. Sans hésiter, on s’accorde sur les pâtes aux pistaches. Une célèbre maxime disait à leur sujet : “Quand l’Italie rencontre la Perse dans votre palais, c’est toute la richesse du monde que vous avalez” (non c’est pas vrai).
7 ) Quels sont vos projets à venir ?
Nous préparons la sortie de notre premier album-concept Maëlstrom, dont nous avons déjà égrené quelques titres sur les plateformes de streaming. L’originalité de cet album est qu’il met en chanson les thématiques des utopies et de la nostalgie, dans un univers très aquatique comme l’évoque son titre (le maëlstrom étant un tourbillon marin formé par des courants contraires). En effet, nous faisons de l’eau l’élément cardinal de cette aventure, de l’Île de la Rose au bâteau Le Pourquoi Pas, de La Piscine aux Secrets à la Baignoire Bleue, des neiges éternelles du Névé à la Mangrove.
8 ) Pouvez-vous nous raconter une anecdote sur vous ?
Nous trichons en composant. C’est dit. Au lieu de créer du neuf en calculant, en mettant à profit nos vagues compétences musicales, nous militons pour le moindre effort et passons notre temps à recycler nos idées passées, d’anciennes notes vocales saisies au vol, parfois oubliées au fond d’un vieux Nokia. La plupart du temps, cela ne donne rien mais quasiment tout ce que nous produisons provient de ces tâtonnements. Remarquez, sommes-nous vraiment les seuls à fonctionner ainsi ?
9 ) Si vous pouviez passer 48 heures avec quelqu’un que vous n’avez jamais rencontré, qui serait-ce ?
Joséphine Baker, pour un marathon de danse inspirant qui nous ramènerait dans les soirées des années folles.
10 ) Un dernier conseil ?
Si d’aventure vous écoutez prochainement un vinyle, essayez l’expérience d’en ralentir la vitesse de rotation sur le lecteur… Nous, on a bien aimé l’idée.
