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Quand la Mémoire Se Fait Musique, et que Le Temps Se Désaccorde avec Imitation et l’album « Time Rhymes »

Quand la Mémoire Se Fait Musique, et que Le Temps Se Désaccorde avec Imitation et l’album « Time Rhymes »
  • Publishednovembre 13, 2024

Direction Budapest en Hongrie, pour un voyage sonore sans pareille. Avec « Time Rhymes », Imitation nous tend un miroir sonore où chaque reflet vacille, chaque écho se fait lointain et intime à la fois. Ce duo hongrois de l’électro expérimental, accompagné du producteur japonais Kazuhiro Takeuchi, signe ici une œuvre qui ne se contente pas d’être écoutée : elle exige qu’on s’y perde. Sorti le 25 octobre dernier, cet album est une invitation à traverser des villes sans fin, à frôler des souvenirs qui s’effacent et se reforment au gré des bruits de fond du monde.

Dès la première écoute, on comprend que Time Rhymes n’est pas simplement un assemblage de morceaux, mais une exploration viscérale de la mémoire collective et de l’individualité. Imitation a capturé des sons dans dix-huit villes, de Tokyo à Jakarta, puis les a fondus dans un creuset musical à la fois familier et insaisissable. Ils jouent avec l’espace entre les souvenirs, les sons ordinaires, comme une pluie fine captée dans une ruelle, ou le bruit d’un train, pour les réinterpréter dans une symphonie de contrastes qui évoque un doux vertige.

Ainsi, dès le premier morceau « Point of No return », le ton est donné. Les voix enivre et les instruments vous happent d’une saveur sonore inédite, c’est authentique et ça le devient de plus en plus au fil des sons qui défilent avec une singularité audacieuse. Ainsi on est perdus dans un tourbillon de sons électronique arpégés en écho comme sur « Complicated », bref c’est addictif.

« On voulait pirater notre propre perception, » disent-ils. Avec des couches de sons qui s’entrelacent comme des souvenirs mal rangés, Imitation crée un sentiment de déjà vu qui se mue en jamais vu, ce moment troublant où ce que l’on connaît si bien nous devient soudain étrange. Chaque morceau est un tissage subtil où se rencontrent Schopenhauer, Baudrillard, et les fragments d’une vie moderne ciselée par les algorithmes. Cette quête de « l’authenticité numérique » n’est pas un simple concept : c’est la matière même de leur musique, un questionnement qui nous force à reconsidérer ce qui est réel, ce qui est créé, et ce qui est ressenti.

Dans ce tourbillon musical, des artistes comme Tibor Fonay et Gabor « Tojas » Horvath apportent une profondeur organique à cette architecture sonore fluide, mêlant art pop, électro contemporaine et une pointe de musique classique. À l’écoute, Time Rhymes semble se déplier comme un livre de poèmes en sons, chaque piste un chapitre mystérieux, où les instruments ne sont plus que des fragments de nous-mêmes, oscillant entre familiarité et étrangeté.

Ce n’est pas seulement de l’avant-garde : c’est un appel à explorer la musique comme on explore une mémoire, en cherchant des traces de soi dans des espaces inconnus. Time Rhymes est un album qui fait bien plus que repousser les frontières ; il les éclaire d’une lumière vacillante, presque hallucinatoire, dans laquelle chacun de nous peut retrouver une part enfouie, inoubliable, de ce qui fait le fil ténu de notre existence.

Pour découvrir plus de nouveautés du moment, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVANOW ci-dessous :

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Extravafrench

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