Trip folk-pop entre fantasme et solitude avec Claudia Balla sur « Imaginary Boyfriend »
Il y a chez Claudia Balla cette capacité rare à faire de la mélancolie une compagne douce, presque nécessaire. Avec « Imaginary Boyfriend », la chanteuse d’origine hongroise installée en Suisse continue de peindre ces tableaux émotionnels en trois minutes, comme elle aime le dire. Et celui-ci, sous ses allures de ballade rêveuse, est peut-être l’un des plus poignants.
On imagine une scène : lumière tamisée, une tasse de thé oubliée sur un piano, et dans l’air, cette voix. Celle de Claudia, vaporeuse mais assurée, qui raconte l’histoire d’un amour qui n’a jamais existé mais qu’on ressent comme s’il battait à côté de nous. La magie de « Imaginary Boyfriend » réside dans cette contradiction tenue à bout de souffle : c’est une chanson sur le vide, mais elle déborde de présence.
Musicalement, le morceau s’inscrit dans une veine folk-pop onirique aux accents de chamber pop, où les influences classiques et jazz s’invitent discrètement dans les arrangements. On pense à Regina Spektor, à Agnes Obel, à ces femmes qui font de la fragilité un art de la précision. Claudia Balla, elle, y ajoute une touche presque cinématographique. Ce n’est pas un simple morceau, c’est un mini film – avec travelling intérieur, dialogues murmurés et générique en larmes.
Et comme souvent chez elle, il y a dans ce faux amour quelque chose de profondément réel. Peut-être parce que Claudia Balla ne cherche pas à nous convaincre. Elle raconte, simplement, avec la pudeur d’une psychiatre qui connaît les méandres du cœur humain. Imaginary Boyfriend, ce n’est pas seulement un morceau : c’est une chambre à soi, un refuge pour ceux qui préfèrent parfois le rêve à la déception.
Et si l’amour est un mensonge, autant qu’il soit chanté comme ça.
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