Alwyn Morrison touche l’intouchable dans “Chained”
Et si aimer quelqu’un ne suffisait pas ? Pas par manque de volonté, mais parce que parfois, on n’a pas le remède. Juste la présence. Le souffle. La main posée sur une porte qu’on n’ouvrira peut-être jamais. C’est dans cette zone grise, entre tentative et renoncement, que naît Chained, le nouveau single d’Alwyn Morrison. Une chanson pas vraiment faite pour briller. Plutôt pour trembler doucement, en silence, dans le creux d’un lit défait.
Ce n’est ni une complainte, ni un appel à l’aide. C’est un aveu. Un monologue murmurant, guitare en bandoulière, qui ne cherche pas à convaincre mais à témoigner : de ce que c’est que d’aimer quelqu’un qui s’enfonce, et de ne pas vouloir partir. Même si rester fait mal. Même si ça use. Même si ça attache.
Enregistré à Los Angeles, dans le studio de Michael Carey (où ont transité Idina Menzel ou Pablo Alborán), Chained est l’exact opposé de la production tapageuse : une folk pop tenue, mate, qui laisse respirer chaque mot. La voix d’Alwyn, chaude et droite, ne joue jamais la victime ni le héros. Elle déroule son histoire avec une sincérité désarmante, celle d’un homme qui dit : “je n’ai pas la solution, mais je suis là”.

Le plus troublant, peut-être, c’est que rien ne semble forcé. Le morceau, écrit presque en état second sur un vol transatlantique, est arrivé “tout seul”, dit-il. Comme s’il n’avait pas été composé mais exhumé. Un vieux souvenir, un chagrin tapi. Ce genre de chanson qu’on ne peut pas rejouer deux fois de la même manière, tant elle contient quelque chose d’irréplicable : un instant de vérité pure.
Le miracle de Chained, c’est sa pudeur. Son refus du pathos. Son élégance dans la douleur. Quand tant d’artistes chantent pour exister plus fort, Alwyn Morrison, lui, chante pour accompagner. Et dans un monde qui crie en permanence, ça a quelque chose de radical.
Crédit photo : Denice Flores Almendares
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