Il y a ce moment suspendu, ce battement entre deux décisions. Ce n’est pas encore le départ, mais ce n’est déjà plus l’attente. Tanya Winch plante son décor là, précisément là — dans cet entre-deux étouffant où l’on guette un feu vert symbolique qui tarde à venir. « Waiting on the Green » n’est pas une chanson d’amour. C’est une chanson sur ce qui empêche l’amour de se vivre. Sur le frein à main qu’on laisse trop longtemps tiré.
Le morceau déroule un jazz-folk soyeux comme une étoffe ancienne. Un motif discret de guitare acoustique, des harmonies de velours, une production limpide qui laisse toute la place à l’émotion. C’est dans cette économie de moyens que Tanya trouve sa force : elle ne surjoue rien, elle observe, elle évoque, elle murmure ce que d’autres crieraient.
Et puis il y a sa voix. Plus rauque que d’habitude, plus posée aussi. Une voix qui connaît l’épaisseur des silences, qui ne cherche pas à séduire mais à dire vrai. Tanya chante avec la fatigue douce des gens lucides. C’est là, dans ce grain un peu fêlé, que réside la beauté du morceau : ce n’est pas une complainte, c’est un constat. Celui du gâchis. Des rendez-vous manqués. De la lente érosion du possible.
Avec « Waiting on the Green », Tanya Winch signe une chanson d’une élégance désarmante, un titre qui parlera à tous ceux qui ont connu ces années suspendues, où l’on vit en pointillés en attendant quelque chose — ou quelqu’un — pour démarrer vraiment.
Et si finalement, la vie, ce n’était pas d’attendre le feu vert, mais d’oser traverser quand même ?
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