Rien ne semble pressé dans Sweet Life, et pourtant tout palpite. Le trio hongrois Maluridé signe ici un morceau qui avance comme une brume colorée, insidieuse et cotonneuse, glissant entre les genres avec une aisance troublante. Dream-pop, électronica atmosphérique, harmonies vocales presque chamaniques… Le groupe tricote un cocon d’échos et de sensations, loin de toute formule pop traditionnelle.
Sweet Life n’est pas un titre au sens classique du terme. C’est une ambiance, un climat émotionnel, un état second dans lequel on glisse presque sans s’en rendre compte. Ce n’est pas une chanson que l’on écoute, c’est une chanson dans laquelle on tombe. Le morceau fonctionne comme une scène de film ralentie, suspendue quelque part entre une boîte de nuit au ralenti et un souvenir d’enfance que l’on ne sait plus situer.
Le plus saisissant dans ce titre, c’est la cohérence des contrastes : des synthés fluides côtoient des harmonies vocales presque baroques, une rythmique douce comme un battement de cœur nocturne se glisse sous des arrangements éthérés. Il y a quelque chose de paradoxalement rugueux dans cette douceur : une tension latente, presque imperceptible, qui donne au morceau une profondeur inattendue.
En trois minutes à peine, Maluridé livre un rêve en clair-obscur, suffisamment étrange pour intriguer, mais toujours accessible. Un équilibre rare, porté par une production exigeante et une vraie vision artistique. S’ils jouent cet été dans les festivals alternatifs hongrois, attendez-vous à ce que leurs nappes hypnotiques résonnent longtemps après la dernière note.
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