On croit toujours que c’est une tristesse, la pluie. Mais il suffit d’une chanson comme Rainy Day pour comprendre qu’on avait tort — ou pas tout à fait raison. Ce que Santa Claws fabrique ici n’a rien d’une ballade mollassonne ni d’un pastiche indie mélancolique : c’est un rituel secret pour les âmes qui refusent la sécheresse émotionnelle. Un sortilège météorologique, cousu main dans l’arrière-boutique d’un disquaire brumeux de Bristol ou d’un grenier trop petit pour ses souvenirs.
Il ne pleut pas : ça pleure doucement, comme un vieux chien qui rêve de sa jeunesse. Et cette voix — voile de coton, presque absente — ne te parle pas. Elle t’écoute. Elle attend que tu aies fini de te mentir à toi-même pour t’emmener ailleurs. Loin de l’hystérie solaire. Loin des promesses vendues à coups de BPM qui mentent plus fort que les publicités de crème antiride. Rainy Day, c’est ce que Radiohead aurait pu composer entre deux silences, si Thom Yorke avait troqué ses dystopies pour une cabane sous les arbres.
Ici, le piano est une flaque. La guitare, une brise. Les arrangements analogiques (reverb, tremolo, delay) dessinent un paysage que l’on traverse comme un souvenir mal rangé. Il y a du Supergrass qui aurait appris l’humilité, du Lennon qui n’aurait pas eu besoin de gueuler, et du Greg (le chanteur) qui écrit comme s’il traçait des lettres d’amour sur une vitre embuée.
Ce morceau est une halte. Un banc dans le parc. Un temps de pause dans une époque qui court sans se regarder. Santa Claws ne propose pas de fuir. Ils t’invitent à rester, là, sous la pluie, avec ton cœur mouillé, ta gorge nouée, et cette étrange sensation qu’au fond, tout ira bien. Parce qu’on est plusieurs à ressentir ça. Et que c’est déjà pas si mal.
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