Certains morceaux ont le goût des souvenirs qu’on n’a jamais vécus, mais qu’on jurerait avoir rêvés. “She Gimme That” d’Allen Green en fait partie. Pour sa première collaboration vocale, le producteur signe un virage net, presque cinématographique : imaginez Barry White croisé avec The Alchemist dans un parking abandonné de Chicago, pendant que Ramaj Eroc recrée l’énergie d’un freestyle 98 sur une MPC poussiéreuse. Le tout, encapsulé dans un filtre analogique granuleux comme un Polaroid oublié.
Sorti chez Sungate Records, ce morceau marque une nouvelle ère pour Allen Green. Connu jusque-là pour ses instrumentaux introspectifs, lo-fi et texturés, il change ici de braquet avec un banger soulful et brut, traversé par une basse qui claque comme une portière de Cadillac et des breaks qui sentent le cuir vieilli. Le beat est moite, chaud, presque collant — une ambiance à la fois lascive et nerveuse, entre slow jam et cypher nocturne.
Ramaj Eroc, en featuring, ne fait pas de la figuration : son flow incisif tranche dans le velours du sample, rappelant l’âge d’or du rap sans jamais sombrer dans la nostalgie gratuite. Il y a une alchimie rare ici, un équilibre entre l’ancien et le moderne, le brut et le sensuel, le boom bap et la trap filtrée. She Gimme That n’est pas seulement un morceau, c’est un manifeste : Allen Green est prêt à parler, et ça commence ici.
Pour découvrir plus de nouveautés RAP, HIP-HOP, TRAP et DRILL n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVARAP ci-dessous :
