Il y a des chansons qui ressemblent à un murmure dans la nuit, à une trace de pas dans la neige qui ne fond jamais. Quand je partirai, premier souffle d’AENKA, duo énigmatique formé par Anouk et Alexis, s’inscrit dans cette lignée fragile et bouleversante. Une chanson comme une lettre non envoyée, un adieu au monde tel qu’il est, ou peut-être au soi qu’on n’a jamais su habiter.
Sur un piano qui sonne comme s’il avait été enregistré à la lisière d’un rêve, Aenka déploie une mélodie aussi diaphane qu’obsédante. La voix d’Anouk, proche du micro comme une confidence, tremble et soupire entre les silences, comme si chaque mot pesait une vie entière. La production, elle, épouse cette pudeur : une basse tapie dans l’ombre, une boîte à rythme vintage qui bat comme un cœur ralenti, et surtout… des respirations. Beaucoup de respirations. Car Quand je partirai est aussi un morceau qui laisse la place — au vide, à l’écoute, au trouble.
La force du morceau tient autant dans ce qu’il dit que dans ce qu’il ne dit pas. Le départ dont il est question n’est ni spectaculaire ni tragique ; il est feutré, presque désincarné. Et c’est dans cette retenue que réside sa beauté : AENKA ne cherche pas l’effet, mais l’impact. Celui qui reste longtemps après la dernière note, comme une chambre qu’on vient de quitter.
À l’heure où la pop urbaine flirte souvent avec l’excès, AENKA choisit la soustraction, la retenue, l’intime. On pense à Billie Eilish pour la tension contenue, à Tamino pour la gravité, à The Do pour cette manière d’inventer son propre langage sonore. Mais surtout, on entend une voix qui ne ressemble à aucune autre, un univers déjà pleinement formé, à peine né mais déjà inoubliable.
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