On croirait d’abord une carte postale oubliée de Memphis ou Détroit. Et pourtant, “Make It Better” vient du froid, précisément d’Oslo, où le groupe Sūn Byrd semble avoir capté l’âme chaude des ballades soul des années 60 et 70 pour la faire renaître sous un ciel nordique. Deuxième extrait de leur très attendu album In Paradiso, ce morceau ne crie pas. Il cajole, il murmure, il enlace.
Il y a d’abord cette section cuivres qui déborde de grâce sans en faire trop, comme un sourire triste dans un slow de fin de soirée. La voix, quant à elle, glisse avec une douceur presque fragile, comme si elle avait quelque chose d’important à dire, mais préférait le faire dans un souffle. Le tout repose sur une rythmique souple, organique, qui invite à fermer les yeux plutôt qu’à frapper du pied.
Sūn Byrd ne cherche pas à faire revivre la soul d’antan — il l’habite, la fait sienne, la recode depuis l’Europe du Nord. Si l’on pense à Leon Bridges ou Thee Sacred Souls, c’est parce qu’ils partagent ce même goût pour les textures soyeuses, les émotions feutrées, la mélancolie lumineuse. Mais ici, quelque chose d’autre s’infiltre : une manière scandinave d’aborder la nostalgie avec pudeur, sans posture, avec une sincérité brute.
“Make It Better”, c’est une caresse pour les jours un peu gris, un morceau pour quand on n’a pas les mots mais qu’on veut quand même croire à quelque chose de doux. Et s’il est question de “rendre les choses meilleures”, alors le pari est tenu : cette chanson réchauffe, répare, et donne envie de tendre la main.
Avec leur nomination aux Spellemann Awards en poche et un album en ligne de mire, Sūn Byrd prouve qu’Oslo peut vibrer au rythme d’une soul profondément humaine, loin des clichés vintage, et pourtant si fidèle à l’essence du genre. Une élégance rare, jouée live, à six cœurs battants. Le futur de la soul a décidément des accents nordiques.
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