Il fallait oser. Oser écrire une chanson d’amour post-mortem où la défunte revient te hanter, non pas dans un miroir fêlé ou sous forme de corbeau gothique, mais… via un Slinky. Oui, ce jouet à ressort de notre enfance, en plastique coloré ou en métal spiralé, dont les ondulations grotesques sur les marches d’escalier ont quelque chose de ridicule et pourtant, ici, d’étrangement poétique.
The Corrupted Hearts, trio indie-rock né des cendres de l’Ohio, convoque les spectres de la vie conjugale et de l’au-delà avec une désinvolture loufoque qui frôle la beauté. Sur « Broken Slinky », le chanteur-guitariste Bradley Schultz raconte cette possession surnaturelle comme un cauchemar doux-amer : l’ombre d’un amour perdu revient, non pour hanter, mais pour faire sourire. Car ce Slinky, avec ses mouvements erratiques, capricieux et cycliques, c’était déjà elle — imprévisible, un peu cassée, mais toujours attachante.
Musicalement, on est quelque part entre les Pixies en moins crade, les Strokes en plus tendres, et Eels période Electro-Shock Blues. Un riff qui rampe et s’étire comme un ressort désaccordé, une section rythmique carrée mais nonchalante, et ce chant à demi-parlé qui joue avec l’absurde sans jamais sombrer dans la parodie.
C’est le genre de morceau qui naît dans un garage à Columbus mais qui aurait pu éclore dans le cerveau de Michel Gondry : un délire pop-rock, un hommage à l’absurde des sentiments, une ballade hantée où l’on rit, où l’on pleure, et où l’on se dit qu’il y a peut-être pire que d’être possédé par une ex… être oublié par elle.
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