Les premières notes de A Little More Time semblent flotter dans l’air, comme une pensée qui se dérobe avant d’être pleinement formulée. Al Kenizo, avec une simplicité déconcertante, nous invite à un voyage sonore où chaque seconde compte, où chaque silence devient une déclaration. Ce n’est pas un morceau que l’on écoute, c’est un morceau que l’on vit. Comme si le temps lui-même s’étirait, se contractait, se glissait dans l’âme et ne nous laissait que cette sensation étrange d’être à la fois spectateur et acteur de notre propre existence.
L’artiste, en toute discrétion, nous plonge dans un univers où l’intimité et l’introspection se croisent dans une danse fragile. A Little More Time est né d’une blessure, d’une absence qui, bien que vécue par Al Kenizo, semble résonner en chacun de nous. Cette perte n’est pas qu’un événement personnel ; c’est un miroir, un reflet de cette humanité qui court après l’impossible. Le morceau, né dans l’isolement de sa salle de bain – oui, c’est là, dans cet espace clos, que tout a pris forme – devient un exutoire. Un endroit de réflexion pure où chaque note, chaque vibration, devient un cri silencieux. Un cri que l’on entend parce qu’il est subtil, presque imperceptible.
Là où d’autres auraient cherché à sublimer la douleur, Al Kenizo choisit de la rendre brute, sans fioriture. Et pourtant, ce n’est pas une musique brute. Non, c’est un chant en demi-teinte, un murmure qui se love autour de l’âme comme une caresse. Les accords se jouent doucement, avec la délicatesse d’un souffle, mais derrière chaque geste musical, une tension invisible, presque insupportable. Le temps devient ici une contrainte et une alliée. On le ressent comme un compagnon qui nous accompagne dans cette quête intime, celui qui nous échappe tout en restant omniprésent.
À chaque instant, Al Kenizo semble défier la gravité du quotidien, transformant sa douleur en une mélodie qui flirte avec la légèreté tout en étant d’une profondeur abyssale. A Little More Time n’est pas un morceau à consommer, mais un morceau à apprivoiser. Un peu plus de temps. Juste un peu plus de temps pour comprendre, pour ressentir, pour accepter que, parfois, la beauté réside dans l’imperfection du moment présent.
Ce single ne fait pas que naviguer entre les ombres et la lumière. Il les fusionne, les entrelace, les rend nécessaires l’une à l’autre. Comme un souffle qui se perd dans l’espace, il nous laisse là, suspendus, à l’attente d’un autre instant, peut-être encore plus éphémère que le précédent. Mais est-ce vraiment une tragédie ? Après tout, la beauté du temps réside peut-être dans sa fuite même.
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