Il y a dans la voix de Romain Gutsy cette vibration rare, cette façon de parler à quelqu’un d’absent comme s’il était là, juste en face. Blew My Mind n’est pas une chanson de rupture, c’est une chanson de secousse. Un cri doux, une lettre sans retour, adressée à un ami qui s’est égaré quelque part entre poudre, paillettes et mensonges ordinaires. Et dans ce sillage d’illusions, Gutsy tisse une mélodie belle à pleurer, entre la nudité du folk et l’élan orchestral d’un pop intimiste sans fard.
On entre dans Blew My Mind comme on pénètre dans une pièce à demi-fermée : tout est feutré, un peu flou, mais la douleur est là, tapie sous la moquette, prête à remonter d’un simple accord. La guitare y respire, délicate et déchirée, pendant que la voix — grave, fatiguée, mais jamais amère — déroule une histoire sans filtre. Celle d’un naufrage qu’on a vu venir, sans jamais réussir à l’arrêter.
La production, signée The Animal Farm, joue la sobriété. Pas besoin d’artifices quand l’émotion est là, nue, crue. On pense à Damien Rice sans l’effusion, à Nick Drake sans la distance. Mais surtout, à Romain lui-même, ce conteur d’un autre temps, qui chante les désillusions modernes avec un cœur qui bat au rythme d’un monde trop rapide, trop brillant, trop vide.
Blew My Mind ne juge pas. Il tend la main. C’est ce qui le rend si fort. Là où d’autres hurlent à l’indécence ou à la trahison, Gutsy choisit la tendresse. La vraie, celle qui griffe un peu, celle qui dit “je suis là”, même quand tout est parti en vrille. Une chanson à écouter en silence, la nuit, pour ceux qui n’ont jamais su comment dire “reviens” autrement qu’en musique.
Il ne reste qu’à écouter. Et à ne surtout pas oublier.
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