Il y a dans Wifey-In-The-Making ce quelque chose de trouble et délicieux, comme un message vocal laissé à 2h47 du matin, que Kaieo aurait hésité à envoyer, puis finalement balancé, la gorge nouée et le cœur en roue libre. C’est une ballade en velours néo-soul, cousue de silences gênés et de refrains trop sincères. Une chanson qui ne joue pas les gangsters du love, mais plutôt les naufragés d’un attachement trop rapide, trop intense, trop mal adressé.
Le morceau groove comme un vieux souvenir d’Usher qui aurait été remixé par un producteur fan de Drake et de Smino. La prod est simple, propre, humide – nappes R&B, touches de trap discrètes, ligne de basse qui glisse entre les draps. Mais c’est la voix de Kaieo, douce, légèrement éraillée par le doute, qui tient tout : elle épouse les doutes, les accélérations de cœur, les chutes d’orgueil. Il chante comme on se parle à soi-même, entre lucidité cruelle et fantasmes collants.
Wifey-In-The-Making n’est pas un hymne à l’amour, c’est un slow toxique. Une ode aux emballements mal maîtrisés, aux illusions bienveillantes, aux scénarios qu’on s’écrit seul dans sa tête. Et Kaieo ne cherche pas à se sauver. Il s’écoute tomber, comme nous tous parfois. C’est séduisant, un peu triste, diablement humain.
Un track parfait pour les fins de soirées moites, quand on danse seul, téléphone à la main, à deux doigts d’envoyer un dernier « tu dors ? » à la mauvaise personne.
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