Il y a des morceaux qui ne s’écoutent pas tant qu’ils se traversent, comme une clairière entre deux forêts ou un souffle retenu à la frontière du sommeil. Solstice, du vétéran bruxellois LEXX (BE), est de cette trempe-là. Ce n’est ni un track de club à proprement parler, ni une simple rêverie ambient : c’est un point d’équilibre, un moment précis entre la lumière et l’obscurité, entre le tribal de la terre et l’abstraction des astres. Une faille temporelle posée entre deux platines, au milieu d’un set où le corps et l’esprit s’accordent enfin.
Sous ses allures minimalistes, la production cache une richesse organique : pads aériens, groove patiemment ciselé, pulsation presque archaïque. On pense à Kiasmos, à Ripperton, à ces artisans du frisson techno qui n’ont pas peur du silence. LEXX ne produit pas une track pour enflammer le dancefloor, il ouvre un corridor cosmique. Quelque chose qu’on joue à 5h du matin, au moment précis où le ciel hésite encore entre nuit et jour.
Mais Solstice n’est pas que contemplation. C’est aussi un souvenir. Celui d’un set joué dans un désert ou sur une plage, à Burning Man ou Voodoo Village, quand la foule s’efface pour laisser place à une transe douce, presque chamanique. On ferme les yeux, on se sent ailleurs, et pourtant ancré — au présent, à soi.
Avec Solstice, LEXX (BE) prouve qu’après vingt ans derrière les platines, on peut encore surprendre. Pas en hurlant, mais en murmurant là où tout le monde crie.
Pour découvrir plus de nouveautés CLUB et ÉLECTRO, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVACLUB ci-dessous :
