Tout commence comme un vieux vin qu’on décante lentement. Les samples craquent, la batterie se pose en souplesse, et Wine Showers s’installe, avec cette patine organique qu’on ne fabrique pas — qu’on vit. Stray Louis et Tenxx signent ici une méditation lancinante, un toast levé aux contradictions, un groove nostalgique trempé dans l’élégance du désenchantement.
Produit par Ichiban Hashface alias Big Oso, Wine Showers porte les marques d’un artisanat raffiné, quelque part entre les caisses claires ciselées du boom bap new-yorkais et une esthétique californienne plus flâneuse, presque impressionniste. La chaleur de la prod ne cherche pas à briller, elle enveloppe. Elle laisse respirer les mots. Et c’est là que Stray Louis excelle : dans l’occupation de l’espace, dans cette façon de poser sa voix avec retenue, comme s’il racontait à mi-voix un truc trop important pour être crié.
Tenxx arrive en complément parfait, en écho texturé, comme un souvenir d’errance partagée. Ensemble, ils ne livrent pas un banger, mais une capsule. Une scène. Une humeur. Un morceau à écouter seul, fenêtre ouverte, entre deux verres ou deux décisions. Le genre de track qui s’adresse plus à ton dimanche soir qu’à ton samedi soir.
À l’approche de l’EP Dust on My Bookshelf, ce titre agit comme une promesse discrète mais tenace : on aura droit à de la matière, à du vécu, à des détails qui sentent la poussière, la patience, et l’authenticité. Stray Louis ne court pas après le buzz — il sculpte son monde. Un monde feutré, sensible, à la fois intime et cinématographique.
Wine Showers, c’est le luxe discret du hip-hop conscient : élégant, pas pressé, chargé d’âme.
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