Wolfgang Webb est aussi mystique qu’attractif, s’imposant avec un son planant qu’il conjugue avce eclectisme comme sur son dernier projet, l’album THE LOST BOY qui navigue entre Pop, Chillout et Ambient déclinés en 10 morceaux. On a voulu en savoir plus sur cet ovni créatif, voici Wolfgang Webb en 10 questions :
1) Qui êtes-vous ?
Je suis Wolfgang Webb — un chanteur-compositeur et sound designer du Canada.
2) Quel est votre parcours ?
Je suis à moitié autrichien et canadien, né et élevé à Welland, en Ontario.
3) Comment décririez-vous votre musique en quelques mots ?
Ma musique parle de vagabonder à travers un wreckage émotionnel, la mémoire et le temps — et de trouver, d’une certaine façon, son chemin dans le silence. Elle explore ce qui est dépouillé quand on a perdu son identité, et ce qui reste résilient : le pouls de la nature et la crudité de la vérité. J’espère que les auditeurs se sentiront invités à un espace où douleur, beauté, deuil et renouveau coexistent.
4) Quelles sont vos principales sources d’inspiration ?
Je suis surtout attiré par des artistes qui n’ont pas peur de prendre des risques — ceux qui vivent dans l’extrême créatif. J’adore Gavin Friday… et bien sûr Bowie — il était comme un univers à lui seul. Michael Stipe aussi, pour son intégrité lyrique — il y a une retenue lumineuse dans ses écrits que j’admire beaucoup. Et en parlant d’honnêteté — Gord Downie, Leonard Cohen, Lou Reed, Kate Bush, Patti Smith, Nick Cave… tous ont cette capacité incroyable à mettre un miroir face à la condition humaine, sans fléchir. Je regarde aussi vers des architectes sonores comme Kruder & Dorfmeister, Martin Tielli, The Knife, Trentemøller, Matthew Dear et
Nils Frahm — des artistes qui repoussent les limites de ce que le son peut être. Tom Waits me laisse sans voix, et les O’Hara et Siberry de Toronto sont dans un genre à part entière. Massive Attack — ces textures, cette atmosphère — sont de grandes influences, tout comme LOW ;
Alan Sparhawk est, pour moi, une sorte de génie discret.
5) Qu’écoutez-vous en ce moment ?
Ces derniers mois, j’ai écouté Still Life de Goldmund, Bloodstream de DVS1, Eclipse de The Album Leaf, Vortex de Tim Hecker, et le dernier album de Nils Frahm, Music for Animals.

6) Quel plat cuisinez-vous le mieux ?
Honnêtement, je ne suis pas vraiment un chef, mais je fais un guacamole exceptionnel et un pain perdu au sirop d’érable — probablement le meilleur que vous ayez jamais goûté venant de quelqu’un qui a du mal à faire qu’une salade survive. On m’a aussi dit que je fais un plateau
de charcuterie plutôt impressionnant — c’est à peu près tout.
Heureusement, je suis entouré d’amis qui prennent la cuisine très au sérieux, donc je m’occupe généralement du vin.
7) Quels sont vos projets à venir ?
Pour l’instant, je suis totalement absorbé par la promotion et la sortie des quatre vidéos musicales liées à cet album. Nous avons tourné la quatrième la veille de la sortie, donc toute mon énergie est encore concentrée sur The Lost Boy. Je crois en lui, je lui donne l’espace et
l’attention qu’il mérite — c’est aussi son voyage, et je suis curieux de voir où cela le mènera. Et bien sûr, il y aura toujours plus de musique, toujours.
8) Pouvez-vous partager une anecdote sur vous ?
Une nuit, je travaillais tard dans la nuit, plongé totalement dans la création de nouvelles textures sonores. Soudain, je me suis rendu compte que j’avais passé près de 22 heures dans le studio sans même m’en rendre compte. Ça m’a frappé à quel point je peux me perdre dans la musique — comment elle devient une sorte de méditation. Cette nuit-là, j’ai compris que créer,ce n’est pas seulement un processus, mais une connexion profonde avec l’inconnu — et c’est aussi une véritable addiction.
9) Si vous pouviez passer 48 heures avec quelqu’un que vous n’avez jamais rencontré, qui serait-ce ?
C’est une question fascinante. Si je pouvais passer 48 heures avec quelqu’un ou quelque chose que je n’ai jamais rencontré, je choisirais une figure résonnant à une fréquence haute — quelqu’un dont la présence ressemble à un pont vers un autre royaume. Un penseur ou une
conscience qui élargit ma compréhension de la réalité, opérant à un niveau qui repousse les limites de ce que je connais.
10) Un dernier conseil ?
J’ai appris que la vulnérabilité est essentielle — ce n’est pas toujours facile, mais être ouvert, surtout concernant les luttes mentales, m’a aidé à guérir et à faire en sorte que ma musique puisse vraiment se connecter avec les autres. Faire confiance au processus est vital. J’ai pris des années sans musique, sans savoir si j’écrirais à nouveau, mais quand le moment est venu, tout s’est soudainement aligné. J’ai aussi compris qu’il faut lâcher prise dans la création — certaines de mes œuvres les plus significatives ont émergé quand j’ai laissé la musique se déployer naturellement, sans la forcer. Et, bien sûr, m’entourer de personnes incroyables et belles est la clé de tout cela.
