Parfois, les chansons nous parviennent comme des lettres retrouvées dans une poche de veste qu’on croyait perdue depuis des années. Froissées, humides, illisibles presque. “bang!” de Davey Legend a cette texture-là. Celle d’un message écrit dans l’urgence, oublié, puis rouvert bien après l’orage, quand la lumière revient doucement dans la pièce. C’est un morceau qu’on ne découvre pas : c’est un morceau qui nous retrouve.
La production, hybride et hantée, mêle les couleurs délavées d’un Midwest emo à des bribes d’électro mélancolique, quelque part entre Fred Again… et le spleen robotique d’Imogen Heap. Mais chez Davey, il n’y a rien de posturé. Ce n’est pas un patchwork de tendances bien alignées, c’est une boîte noire sonore, enregistrée à même la peau. Une sorte de journal intime glitché, d’où s’échappent les flashs d’un road trip trop long, trop intense, trop flou pour être romancé. Les beats suintent la nuit blanche, les synthés ont la voix cassée, et tout est traversé par ce compte à rebours mental, cette urgence sourde de celui qui a frôlé le vide sans y sombrer.
Ce que raconte “bang!”, c’est une bascule. Le moment exact où le corps sature, où l’esprit lâche prise, et où quelque chose, dans le fond de la gorge ou du cœur, crie pour rester vivant. C’est le son d’un homme qui s’est vu mourir un peu et qui décide, finalement, de danser avec ses fantômes plutôt que de leur céder la place.
Davey Legend signe là bien plus qu’un single. Il signe un point de rupture, un point de bascule. Un bang, littéralement. Pas une explosion spectaculaire. Plutôt une onde sourde qui se propage lentement dans nos tympans. Et dont l’écho, lui, ne s’arrête pas.
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