Il y a des chansons qui claquent comme une porte qu’on aurait trop longtemps laissée entrouverte. « Truman », le nouveau single du groupe Ultra Monti, s’inscrit dans cette veine : nerveux, frontal, et pourtant étrangement lucide. Une chanson qui hurle dans le vide mais qui sait exactement ce qu’elle cherche à dire.
Dès les premières secondes, le ton est donné : guitares distordues au cordeau, batterie frénétique à peine contenue, et une voix qui semble toujours à deux doigts de dérailler. Et pourtant, tout est contrôlé. Ultra Monti joue à fond la carte du chaos maîtrisé, du post-punk embrassé avec l’élégance d’un rock indé qui a digéré ses références sans jamais les singer. On pense aux débuts d’Interpol, aux montées sourdes de Shame, voire à la froideur poétique d’un Radiohead époque The Bends, mais ici le propos est plus tranchant, presque urgent.
« Truman », comme son nom le laisse deviner, interroge la réalité. On y devine le vertige d’un personnage qui doute de tout : de ses proches, de son monde, de sa place dans ce théâtre social où tout semble chorégraphié. La référence au film culte avec Jim Carrey n’est pas gratuite — elle agit ici comme une métaphore filée du décalage moderne, du mal de vivre sous lumière artificielle.
Mais Ultra Monti ne sombre jamais dans le cynisme. Leur musique cogne, mais elle éclaire. Elle libère. Truman n’est pas qu’un single efficace, c’est un coup de projecteur sur nos propres murs invisibles, un riff tendu tendu comme une corde à sauter au-dessus du vide. Et si tout ça n’était qu’un décor ? Alors, dans ce cas, montrez les caméras — Ultra Monti a déjà branché les amplis.
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