Quelque part entre la taïga et le tempo, RSAI transforme un moment banal — une parade silencieuse sur un écran muet — en une incantation rythmique qui électrise l’instant. DON-DON, son nouveau single, résonne comme un tambour battant, un cri intérieur transfiguré en beat martial. On aurait pu s’attendre à un simple clin d’œil ironique à une esthétique militaire, mais RSAI va bien plus loin : il crée une marche de l’âme.
Enregistré au bord d’un lac, dans la solitude boisée d’une maison forestière près de Moscou, ce morceau est aussi épuré qu’intense. RSAI y adopte une rigueur quasi ascétique, réduisant l’orchestration à l’essentiel — percussions sèches, structures répétitives et motifs mélodiques percutants. Le résultat ? Une transe sobre, mais profondément physique. DON-DON ne cherche pas la sophistication sonore : il veut frapper, faire vibrer le plexus, faire bouger les jambes et redonner le sourire.
Mais ce minimalisme n’est pas qu’un parti pris stylistique : il est révélateur d’un homme qui compose sans fioriture, sans masque, avec une sincérité rare. RSAI n’imite pas, ne cite pas : il s’écoute, et invite à en faire autant. Son approche, née de l’émotion pure plutôt que d’un calcul de carrière, confère à DON-DON une authenticité brute, presque naïve — mais jamais simpliste.
En ces temps saturés de postures et de productions trop lisses, RSAI livre une œuvre singulière et instinctive. Un rappel salutaire que la musique, parfois, n’a besoin de rien d’autre que d’un bon rythme, d’un battement de cœur, et d’un “don-don” répété jusqu’à la transe.
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