Pas de chichi, pas d’accroche FM : Let Loose frappe sec. Le genre de morceau qui ne se demande pas la permission pour exister, et qui sent la sueur, la colère froide et le bitume brûlé. Bourjous, rappeur australien d’origine libanaise, aujourd’hui installé dans les décors paradoxaux des îles Caïmans, signe ici un morceau brut, sale, tendu comme un câble. Un banger nocturne pour se défouler la nuque, un trip nerveux entre rage canalisée et affirmation de soi.
La prod, elle, tape dans le cool sans tomber dans le convenu. Un beat glacé, presque industriel, au groove discret mais tranchant. Dessus, Bourjous découpe. Son flow, tout en rugosité maîtrisée, glisse sans artifice. Ce n’est pas de la performance pour la performance. C’est une manière d’exister, de cracher le feu avec détachement. L’énergie grunge du titre n’est pas un gimmick esthétique : elle s’entend dans la façon dont chaque mot semble arracher un bout de réalité.
Dans une époque où beaucoup de morceaux trap se ressemblent, Bourjous injecte du venin et de la texture. On sent l’influence du rap américain des années 2010 — quelque part entre le minimalisme brut de 21 Savage et l’ambiance crasse de Denzel Curry période Imperial. Mais Let Loose a un accent, un grain, une sueur qui n’appartient qu’à lui.
C’est un morceau pour ceux qui roulent tard, qui marchent seuls, qui n’ont pas besoin de lumières de club pour briller. Un son pour ceux qui encaissent, puis explosent. À écouter fort, les dents serrées, les phares éteints.
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