Il y a dans It’s Gone, He’s Gone une tension dramatique qui ne cherche pas l’effet, mais l’effet y est. Une sorte de clair-obscur adolescent, tenu à la fois par une maîtrise étonnante de la mise en son et une impulsivité que seule la jeunesse peut encore se permettre sans calcul. Chayne, du haut de ses 17 ans, signe ici un titre alt-pop en forme de lettre déchirée, écrite à l’encre noire sur un miroir embué.
Si on peut penser à Billie Eilish pour cette façon de murmurer à bout portant, ou à St. Vincent pour les textures élégamment distordues, Chayne joue déjà dans une cour à part. Sa voix – à la fois fragile et frontale – découpe l’espace avec une maturité rare, comme si elle chantait depuis une chambre d’ado où les posters de Bowie et de Lorde cohabiteraient avec des piles de journaux intimes griffonnés à la hâte.
Derrière les arrangements (réalisés maison, dans un studio familial du sud de la France), on sent la chaleur des murs, le grain des câbles usés, l’instinct d’une artiste qui cherche moins à faire carrière qu’à raconter exactement ce qu’elle ressent. Et ça s’entend. Le morceau n’est pas un simple témoignage de rupture ou de perte : c’est une scène, tendue comme un fil, entre explosion retenue et lucidité glaciale.
Chayne est franco-britannique, mais sa musique n’a pas de frontière. Avec It’s Gone, He’s Gone, elle ne se contente pas d’exister dans la mêlée pop actuelle : elle y imprime déjà sa griffe. Une étoile montante, oui, mais de celles qui savent déjà brûler à leur manière.
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