Il y a des chansons qui sortent comme un cri. Drips, le nouveau single d’Essibee, ne cherche ni la rime parfaite ni le beat tendance — il rampe hors des cendres d’un amour qui sent encore le rail. Essibee n’est pas là pour séduire les playlists : il est là pour purger un souvenir, pour poser sur bande la chronique tremblante d’un “et si…” dont on devine l’issue dans chaque soupir.
Originaire de Leeds, l’artiste n’a pas l’ambition de remplir les salles. Il préfère les zones grises, les non-dits étouffants, les voix qui flottent entre deux silences. Dans Drips, c’est justement une voix réelle — celle de l’ex amante — qui s’immisce comme une présence fantomatique, sur une production sobre et sépulcrale. Le morceau tient du rêve humide et sale, quelque part entre le spoken word intime et le lo-fi désenchanté. Il n’y a pas de refrain euphorique, juste des éclats de vécu, rugueux, tragiquement ordinaires.
Ce qui frappe, c’est la distance presque clinique avec laquelle Essibee dissèque l’amour et la rechute. Pas de grand pathos, pas de punchline formatée. Juste un constat : la douleur persiste même quand on croit l’avoir enterrée. Et quand l’amour flirte avec la dépendance, c’est toujours la mort qui guette en bout de piste.
Drips est un morceau fragile, à peine là, comme une veine prête à céder. Il ne cherche pas la beauté — il la trouve malgré lui, dans la sincérité nue, dans l’inconfort du vrai. Essibee ne fait pas de musique pour monter, il creuse. Et sous la surface, il y a quelque chose qui palpite encore.
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