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Music Rock

Rosetta West sur Gravity Sessions : Chicago vibre encore sous les incantations d’un blues psychique

Rosetta West sur Gravity Sessions : Chicago vibre encore sous les incantations d’un blues psychique
  • Publishedjuin 9, 2025

Une porte claque. Une guitare crache son premier souffle. Dans les murs feutrés de Gravity Studios, quelque chose s’éveille. Ce n’est pas une session d’enregistrement, c’est une conjuration. Rosetta West, entité culte de l’underground de l’Illinois, n’a jamais couru après le temps – ils le tordent, le plient, le magnétisent. Gravity Sessions n’est pas une résurrection. C’est une prise d’otage du réel par le blues, le vrai, celui qui suinte le soufre et les larmes.

Joseph Demagore (voix et guitares), Herf Guderian (basse tellurique) et Mike Weaver (batterie qui cogne comme un souvenir) n’ont pas cherché à faire joli. Ils ont joué. Ensemble. Fort. Vrai. Et Doug McBride, sorcier du son, s’est chargé de capter la foudre sans l’apprivoiser.

La salve s’ouvre avec Dora Lee (Gravity), sorte de western cosmique hanté par des déesses en colère. C’est lourd, presque tribal, mais subtilement tordu – comme si le morceau cherchait à dérailler juste pour le plaisir de se redresser. Suzie enchaîne comme un tube oublié d’une radio fantôme : urgence garage et sourire en coin. Broken Glass, lui, fend l’air avec des éclats de guitare désenchantée – un slow toxique pour fins de nuits cabossées.

Au centre du disque, Deeper Than Magic agit comme un cœur noir palpitant. Sept minutes de blues transcendantal où la batterie semble invoquer la pluie, la basse rampe dans les entrailles, et la voix murmure des vérités qu’on préférait oublier. C’est le genre de morceau qui réveille des souvenirs qu’on n’a jamais vécus.

Le reste de la setlist garde ce souffle live : Save Me cogne comme un appel à l’aide lancé à une nuit indifférente, Baby Doll séduit sans s’excuser, et Venous Blue referme le rideau avec une douceur empoisonnée, comme un baiser posthume.

Rosetta West n’a rien à prouver. Leur musique, elle, continue de prouver que le rock peut encore être mystique, sale, élégant, et terriblement vivant. On n’écoute pas Gravity Sessions, on y entre comme dans un vieux théâtre poussiéreux, où chaque note raconte une scène interdite.

Allez-y. Entrez. Mais laissez la lumière dehors.

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Written By
Extravafrench

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