Ne cherchez pas une midlife crisis ici. To Grow Old, deuxième single d’Amy-Lin Slezak, s’avance plutôt comme un doigt d’honneur élégant tendu à tous ceux qui voudraient coller une date de péremption sur le dos des femmes. On l’imaginait discrète, peut-être un peu nostalgique après son premier titre How Dare She, et pourtant la chanteuse new-yorkaise revient en amazone country-pop, cuir tanné et bottes crottées, avec une voix qui sonne comme un rappel : « je suis là, j’ai vécu, et je vais vivre encore — en grand. »
Le morceau, taillé dans l’étoffe des ballades de Shania Twain mais brodé de guitares et de synthés plus eighties, pourrait facilement tourner en boucle dans une scène de revanche dans un film de Reese Witherspoon période Wild. Il commence comme une confession, presque douce, avant de s’épaissir, battement après battement, en un manifeste vibrant, adossé à une production qui n’a rien à envier aux hitmakers de Nashville. Il y a dans cette montée en puissance quelque chose d’irrésistible : un refus de se laisser ranger dans une case, une volonté d’exister pleine et entière, rides et rage comprises.
Mais c’est dans la voix d’Amy-Lin que se trouve le vrai cœur du morceau. Pas dans la perfection technique — pourtant là, en héritage d’un passé de scène classique — mais dans cette manière de dire les choses avec une vérité que seuls les kilomètres de vie permettent. Elle chante pour les femmes qui n’en peuvent plus d’être comparées à des filtres, et pour celles qui n’ont plus envie de se justifier. Pour celles qui ont entendu trop souvent qu’après 40 ans, on devient invisible.
Alors To Grow Old devient plus qu’une chanson. C’est un souffle. Un hymne pour celles qui vieillissent debout, le vernis écaillé et le regard fier. Une preuve qu’il n’est jamais trop tard pour reprendre le micro — et s’en servir pour dire, enfin, ce qu’on a sur le cœur.
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