Parfois, on tombe sur une chanson comme on tomberait sur une ancienne lettre, pliée entre les pages d’un roman abandonné : la trace d’un moment qui ne demandait rien, si ce n’est d’exister. High With Amy, dernier murmure de Nick Babcock, est exactement cela — une capsule d’air tiède au milieu du chaos, une bulle dans laquelle on entre pieds nus, avec les mains tremblantes.
Plutôt que d’en faire une love song clinquante ou un hymne au revival sentimental, Babcock pose les mots et les sons comme on recolle les morceaux : avec tendresse, maladresse parfois, et beaucoup de pudeur. Il ne cherche pas à faire de l’effet, il cherche la justesse. Et dans cette sincérité sans grandiloquence, l’émotion coule comme une larme retenue trop longtemps. Le morceau est construit comme un après-coup — celui d’une rencontre douce qui n’a pas cherché à tout réparer, juste à alléger. Amy n’est pas une héroïne romanesque, c’est un déclencheur discret. Une épaule, un souffle, un instant.
La production maison, entièrement pensée, jouée et enregistrée par Babcock, rappelle les recoins les plus sobres de Lauv ou les respirations subtiles d’un Jeremy Zucker en apesanteur. Pas de grand solo, pas de refrains écrasants. Juste des textures comme des draps encore chauds, des voix qui murmurent sans performance, et cette fragilité revendiquée comme un manifeste artistique.
High With Amy est une chanson de l’entre-deux : entre chute et redressement, entre oubli et souvenir. Une de ces ballades suspendues, qui ne cherchent pas à consoler mais à comprendre, et qui finissent par faire du bien sans le dire. C’est ce qui la rend si précieuse.
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