Dans l’univers brumeux d’Antistar, même les souvenirs ont des pixels. Avec Pyrotexnima, littéralement « feu d’artifice » en grec, l’artiste trace un sillage incandescent dans le ciel d’un rap alternatif méditatif, mutant et spectral. On ne sait jamais vraiment où l’on est — sur une plage à minuit ou dans le cloud d’une mémoire virtuelle. Et c’est précisément ça qui bouleverse.
Antistar ne chante pas, il incante. Sa voix flotte, hésite, se faufile entre les silences, dérape parfois, comme si elle cherchait une connexion Wi-Fi avec une âme. C’est beau, triste, un peu glitché — comme une caresse interrompue par une mise à jour système. Le producteur Tedis pose derrière lui un décor sonore minimaliste et cinématographique : nappes synthétiques en apesanteur, battements qui font écho à un cœur qui se souvient trop, et une tension électrique qui n’explose jamais vraiment — elle crépite.
Le texte, entièrement en grec, s’écoute comme un poème murmuré à travers un miroir noir. Des images à la fois intimes et cosmiques s’y répondent : solitude planétaire, puzzle affectif, étoiles suivies à l’aveugle. Et cette chute finale : « Ανάβω, και σαν πυροτέχνημα σκάω » — je m’enflamme, et comme un feu d’artifice j’éclate. Douloureusement beau.
Il y a du IAM dans l’écriture, du Woodkid dans la grandiloquence contenue, du Sevdaliza dans le corps-à-corps entre voix et silence. Mais Antistar reste Antistar : un météore grec tombé dans le rap post-urbain, nourri d’existentialisme, de solitude 4G et d’une mélancolie antique revisitée au vocodeur.
Pyrotexnima ne se contente pas d’être une chanson. C’est une fiction émotionnelle, une confession en hologramme, un cri doux dans le vide numérique. Une œuvre pour ceux qui aiment danser les yeux fermés avec leurs fantômes.
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