On croyait que la pop avait déjà tout dit sur la célébrité, la solitude des projecteurs, les likes qui ne tiennent chaud à personne. Mais Meagher, ce type à la voix de velours râpé venu de Baltimore, débarque avec “Popular” — un titre faussement clinquant qui sonne comme une confession murmurée dans un vestiaire vide après le bal.
Sous ses allures de tube indie-pop aux reflets satinés, Popular est en réalité un miroir trouble. Celui dans lequel on se regarde un peu trop longtemps en se demandant : est-ce que je veux vraiment qu’on m’aime ? Les guitares brillent mais ne consolent pas. Les synthés ont la gueule de bois. Et Meagher, en maître du paradoxe, chante la popularité comme on conjure une malédiction.
Le morceau s’ouvre sur des textures aussi séduisantes qu’ambiguës : tout y est trop propre, trop beau, presque plastique — à l’image de ce monde où l’image vaut plus que la chair. Et puis, la voix fend le vernis. Elle craque par endroits. Elle trahit. Elle dit que le vide, parfois, a le goût du sucre. Que derrière les “tu gères mec” se cache un cœur qui n’a pas le mode d’emploi.
Meagher, c’est ce mec qu’on croise dans un rêve éveillé, entre Tame Impala et The Weeknd, mais sans l’égo-trip. Il ne prétend pas savoir, il explore. Il ne clame pas sa douleur, il la laisse sourdre. Et Popular, c’est tout ça : un slow dans une pièce pleine, une envie de disparaître pile au moment où tout le monde te regarde.
Il y aura d’autres singles. D’autres moments. Mais celui-ci, avec sa pop douce-amère et son chant sans défense, ressemble à un avertissement. À une question. À un souffle. Meagher ne veut peut-être pas être popular. Il veut juste être entendu.
Pour découvrir plus de nouveautés POP, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAPOP ci-dessous :
