Ce n’est pas un morceau, c’est une offrande. Avec Fashion Me A Drum, Girl Is The New Boy signe un manifeste en creux, un titre à la fois murmuré et viscéral, qui renverse les codes du hip-hop alternatif pour faire éclore une néo-soul de chambre, moite, élégante, profondément organique. Ici, la musique n’est pas qu’un vecteur, c’est un territoire à façonner, un refuge où chaque beat résonne comme un battement du cœur trop longtemps contenu.
La voix est d’abord l’élément magnétique : douce, rugueuse, introspective, elle avance à pas feutrés, comme si elle ne voulait pas déranger, mais finit par hanter. Elle évoque à la fois l’élégance vaporeuse de Lianne La Havas et l’assurance désabusée d’Anderson .Paak — sauf qu’ici, l’émotion n’est jamais surjouée, elle s’infiltre lentement, au détour d’un souffle ou d’un silence bien placé.
Le morceau, tout en textures feutrées, semble écrit pour une fin de nuit, quand les corps ne dansent plus mais dérivent, quand les vérités qu’on retient finissent par suinter dans les syncopes. La prod minimaliste — mi-analogique, mi-éthérée — mêle percussions boisées et basses liquides, tandis qu’un groove suspendu au bord du vide maintient une tension sourde. On entend autant le jazz que le R&B, le spoken word que le trip-hop, sans que jamais le morceau ne cède à la citation facile.
Ce qui fascine surtout dans Fashion Me A Drum, c’est son refus du spectaculaire. Girl Is The New Boy compose dans les marges, à rebours du tumulte digital, une musique intime, politique sans slogan, sensuelle sans posture. Une musique qui écoute autant qu’elle parle.
À l’heure où l’on vend du faux frisson à la chaîne, ce morceau est une respiration réelle, trouble et magnifique. Un contre-chant à l’uniformité ambiante. Une pulsation qui n’a pas besoin de crier pour être entendue.
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