Il y a des titres qui se contentent de secouer les têtes. “Hold Up” d’Andrew Bigs, lui, vise les tripes. Et peut-être même un peu plus loin, vers ce territoire instable où l’humour fend l’armure de la colère. Produit par Rey Resurreccion, le morceau serpente dans un couloir tendu, quelque part entre un classicisme West Coast menaçant et une urgence très contemporaine. Le beat cogne comme une sirène de flic à deux rues, et Bigs n’a pas besoin de crier pour qu’on l’écoute.
Dès les premières secondes, le ton est donné. “Hold Up” n’est pas un slogan. C’est un avertissement. À la société, aux puissants, à ceux qui n’écoutent que lorsque ça hurle. Mais Andrew Bigs ne hurle pas. Il découpe. Il cisèle chaque vers comme une balle perdue qui aurait appris à viser. Et derrière l’assurance du flow, on entend toujours la rumeur de San Jose — une ville qui vit, saigne, s’épuise, et que Bigs raconte sans filtre, sans misérabilisme, mais jamais sans tendresse.
Ce qui frappe ici, c’est la montée en tension maîtrisée. Le morceau s’enfonce peu à peu dans un territoire plus sombre, presque paranoïaque, mais jamais confus. La formule “Hold Up” devient mantra, gimmick, soupape. Et au fur et à mesure que le morceau grimpe en intensité, on comprend : Bigs ne rappe pas pour vous divertir. Il rappe pour qu’on arrête de détourner les yeux.
“Hold Up” est le genre de single qui donne du poids à un album à venir. Si celui-ci est du même bois brûlé, l’automne s’annonce incandescent.
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