À mi-chemin entre la carte postale délavée et le trip introspectif sous Xanax, vegas de Bagboy Blu n’a rien d’un jackpot — c’est plutôt une errance dans les couloirs d’un casino mental, où les jetons sont des souvenirs et la mise, toujours perdante, s’appelle « elle ».
Bagboy Blu, crooner désabusé des nuits qui durent trop longtemps, pose sa voix entre mélancolie planante et flow ralenti comme une gueule de bois affective. Il rappe comme on fume sa dernière clope devant le Bellagio à quatre heures du mat’, en se demandant comment on a pu en arriver là. Le morceau joue de la contradiction permanente : les synthés brillent comme un sol marbré sous les spots, mais les mots suintent la solitude et la lucidité.
On entend dans vegas le spectre du 808s & Heartbreak de Kanye, la sincérité d’un Post Malone plus discret, ou encore les errances émotionnelles d’un The Kid LAROI qui aurait troqué l’overdose médiatique pour une fugue dans le désert du Nevada. La prod est minimale, presque étouffée, laissant place au storytelling brut : un amour qui s’est envolé comme une mise all-in sur une paire de deux, et ce vide qu’on traîne comme un sac de jetons perdus.
Ici, Las Vegas n’est pas la ville du péché. C’est celle des regrets. Et Bagboy Blu y marche seul, les poches pleines de pourquoi.
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