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Music Rock

Josh Orange nous fait vibrer sur “Believers & Dreamers (What Have We Become)”

Josh Orange nous fait vibrer sur “Believers & Dreamers (What Have We Become)”
  • Publishedjuin 23, 2025

Ce n’est pas un titre. C’est un coup de sang poétique. Une déclaration d’épuisement lucide, qui refuse de s’éteindre. Dans “Believers & Dreamers (What Have We Become)”, le groupe australien Josh Orange abandonne toute forme de fioriture pour livrer un morceau brut, charpenté dans la stupeur d’un monde qui vacille sous le poids de sa propre hypocrisie. C’est une chanson qui ne tente pas de convaincre, mais qui hurle ce qu’on n’ose plus dire.

Dès les premières secondes, on comprend qu’on ne va pas simplement écouter un nouveau single. On entre dans un sanctuaire sonore construit avec vingt ans de fidélité au verbe, à la nuance, à cette idée que la musique peut — et doit — porter plus loin que la simple mélodie. Il y a cette voix, celle de Gordon Burke, qui ne chante pas, qui témoigne. Comme si chaque mot lui avait été dicté par l’accablement d’un monde trop bruyant, trop cynique. Une voix rauque, cabossée, mais jamais lasse. Une voix qui brûle encore d’indignation.

Autour, la production n’est pas là pour enjoliver, elle est là pour soutenir la tension. Andrew Wass (guitariste et producteur du groupe) sculpte un écrin sans concession, où chaque instrument joue à découvert. Et puis surgit cette harpe, incongrue, magique, presque irréelle, jouée par Kaela Harp de l’orchestre symphonique de Sydney. Un contrepoint bouleversant, un éclat de lumière dans la tempête. Elle ne tempère pas, elle révèle. Comme si au milieu du chaos, une beauté persistait.

Le mix est signé Tim Palmer, ce nom qui résonne comme un sceau de qualité dans le monde du rock exigeant. Celui qui avait déjà forgé le son dense de Ten (Pearl Jam) prête ici son oreille affûtée pour sublimer cette fresque engagée. Tout est clair, frontal, impitoyablement sincère. Pas de gadgets, pas d’artifice. Juste des instruments qui se parlent et se heurtent, comme les membres d’un même foyer au bord de l’implosion.

Ce qui frappe, c’est la façon dont Josh Orange arrive à rendre audible l’indignation sans sombrer dans le prêche. Le morceau avance avec cette progression haletante, presque théâtrale, qui rappelle les grandes heures de Radiohead ou les montées dramatiques d’un Bruce Springsteen en colère. Mais ici, pas de héros solitaire. Il est question d’un “nous” blessé, d’un collectif désenchanté qui refuse pourtant de se coucher.

“Believers & Dreamers” — le titre lui-même sonne comme un manifeste à l’envers. Un aveu : ceux qui croient encore et ceux qui rêvent sont devenus les marginaux d’un monde qui court après l’oubli. Mais c’est aussi un serment : ces mêmes marginaux seront les gardiens de ce qu’il reste à sauver.

Au fond, cette chanson, c’est une alarme qui sonne doucement, puis de plus en plus fort, jusqu’à devenir insupportable pour qui garde les yeux fermés. Josh Orange ne fait pas que de la musique, il rend l’écoute nécessaire.

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Written By
Extravafrench

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