C’est un générique de fin sans fin, un compte à rebours lancé par erreur, une alerte système que tu laisses sonner en boucle. Avec « Money Galore », DUHON transforme chaque rappel d’impayé en poésie urbaine, chaque centime dû en ligne de fuite. Sur une prod aussi rebondie qu’un rêve sous acide, l’enfant de Menifee (CA) offre un titre dense, cinématographique, nerveux et étrangement introspectif — une sorte de thriller mental à haute fréquence.
À la croisée des influences de JID, Saba ou EARTHGANG, le flow s’enroule comme une spirale ascendante, parfois cassé, parfois laser, toujours tendu. C’est que DUHON ne rappe pas, il découpe. Les syllabes se cognent entre elles, syncopées sur une ligne de basse grave et organique, pendant que des nappes discrètes évoquent les reflets froids d’un bureau d’huissier ou les fenêtres vides d’un centre commercial au bord de l’effondrement. L’argent, ici, est un personnage — autant fantasme qu’ennemi intime.
Mais au-delà de la technique affûtée et de la prod chirurgicale, c’est la narration qui fait mouche : DUHON parle de dettes qu’on ne rembourse pas seulement en cash. Fatigue émotionnelle, loyautés fracturées, amour soldé en fin de mois. Chaque ligne pèse comme un rappel de facture, mais avec l’élégance d’un roman noir.
Soutenu par une campagne visuelle ambitieuse et déjà repéré par Stereofox ou A1234, « Money Galore » n’est pas qu’un single. C’est le point d’ancrage d’un univers plus vaste où les chiffres rouges se confondent avec les cicatrices. DUHON ne crie pas sa rage — il l’écrit. Et ce qui aurait pu n’être qu’un morceau trap de plus devient ici une œuvre à part entière : chirurgicale, vibrante, et redoutablement contemporaine.
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