Parfois, un morceau arrive comme une carte postale d’un monde parallèle. Dans The Roommates, Eleanor Idlewood ne compose pas seulement un titre — elle recrée un univers. Quelque part entre Drive et Maurice, entre les bandes-son de John Carpenter et les silences gênés d’un salon partagé à deux, la musicienne française tisse une romance queer rétro-futuriste, pleine de mystère, de pulsations et de regards échangés derrière des portes closes.
Sonny et Flint ne sont que « des colocataires », assurent les voisins. C’est presque une blague. Une de celles qu’on lance en haussant les sourcils, sans vraiment vouloir savoir. Mais derrière les rideaux, l’histoire est tout autre : une passion électrique, nocturne, à peine contenue par les murs trop fins. Idlewood enregistre chaque soupir dans les nappes de synthés, chaque battement de cœur dans les basses sombres, chaque éclat de rire dans les reverb de claviers analogiques.
Ce qui rend ce morceau si singulier, ce n’est pas seulement son esthétique eighties savamment orchestrée, quelque part entre M83, Desire et Electric Youth , mais cette manière qu’a Eleanor de charger le son de non-dits, de soupçons, de gestes interrompus. Comme si l’on regardait un vieux film en Super 8 où l’on devine plus qu’on ne voit, et où chaque note devient un acte de résistance tendre.
The Roommates est une ode à ces histoires d’amour que l’on n’ose pas dire à voix haute. C’est aussi un pied de nez doux-amer à toutes les étiquettes, aux jugements, aux petits sourires en coin des voisins. Eleanor Idlewood ne cherche pas à provoquer : elle expose l’évidence. Et elle le fait avec un soin, une poésie sonore, un amour du détail qui trahissent à la fois la productrice minutieuse et la conteuse viscérale.
Ce n’est que le prélude d’un projet plus vaste : une future EP, un second album à venir. Mais si ce titre est une première pièce du puzzle, alors on peut déjà dire que l’œuvre à venir s’annonce comme un refuge queer, une machine à souvenirs qui n’ont jamais vraiment existé… sauf dans nos fantasmes.
Et quelque part, ça suffit.
Pour découvrir plus de nouveautés POP, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAPOP ci-dessous :
