À peine lancé, Ghost Town d’Amarii vous attrape par l’ombre. Ce morceau ne cherche pas à plaire. Il vous observe dans le rétro, le souffle court, le cœur suspendu. Pop ? Oui. Mais une pop hantée, en clair-obscur, trempée dans une solitude presque cinématographique, comme si elle sortait d’une ruelle vide à la fin d’un film de Sofia Coppola, ou d’un rêve lucide au lever d’un dimanche qu’on préférerait oublier.
Amarii livre ici une ballade à la fois douce et désabusée, pleine de fantômes : ceux des autres, ceux de soi. La voix, à la fois limpide et mélancolique, flotte au-dessus d’un arrangement sobre — guitares éthérées, batterie contenue, nappes de synthé comme des halos vacillants. Ce n’est pas une chanson triste, c’est une chanson vide. C’est la bande-son d’un lieu abandonné, ou d’une relation qu’on visite encore, longtemps après qu’elle ait fermé boutique.
Il y a du London Grammar dans la retenue, du Lana Del Rey dans la langueur, un soupçon de Phoebe Bridgers dans le ton désenchanté. Mais Amarii ne copie personne : iel déplie un univers singulier, où le silence a presque autant de poids que les notes. Et dans ce vide soigneusement sculpté, iel laisse respirer ce qu’on tait trop souvent : la peur d’être oublié, la beauté des ruines, l’étrangeté d’avancer seul·e dans une ville où tout semble éteint.
Avec Ghost Town, Amarii signe une entrée remarquée dans le paysage de la pop alternative contemporaine. Une chanson qui, sous ses apparences calmes, remue l’âme comme une rue déserte remue les souvenirs. On y revient, parce que quelque chose y reste.
Pour découvrir plus de nouveautés POP, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAPOP ci-dessous :
