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Nothing Concrete dévoile The Imperfectionist : un blues nomade et solaire qui s’invite à Glastonbury

Nothing Concrete dévoile The Imperfectionist : un blues nomade et solaire qui s’invite à Glastonbury
  • Publishedjuillet 1, 2025

Les routes sinueuses de l’Ariège ont parfois plus de groove que Broadway, surtout quand elles mènent à un studio autoconçu, planqué entre les collines, où la voix de Fergus McKay frôle le bois brut des poutres et les cuivres poussiéreux d’un trombone venu d’ailleurs. C’est ici, en 2024, qu’est né The Imperfectionist, quatrième album de Nothing Concrete, patchwork humain et musical formé à l’origine en Écosse, désormais établi dans le sud de la France.

Ce disque est une célébration de l’irrégularité, du mélange, de la faille comme force expressive. Le titre l’annonce d’emblée : The Imperfectionist revendique la liberté d’être flou, mouvant, ouvert. La musique, elle, se promène entre blues cabossé, folk nomade, afrobeat organique, tango cabaret et ballades suspendues. On pense parfois à Tom Waits dans un bal mexicain, à Manu Chao dans une ruelle d’Édimbourg, ou à une fanfare qui aurait lu Camus et dansé sur du Ry Cooder.

Dès The Boats, morceau d’ouverture, la voix de McKay raconte les déracinements avec tendresse et lucidité, portée par un souffle qui rappelle les rythmes migratoires d’un monde en constante mutation. Puis vient Broken Bird, presque murmuré, blessé mais tenace, suivi de Cometh The Hour, au groove discret mais déterminé, comme un appel à se tenir debout malgré les secousses.

He Don’t Do Much Of That Now nous arrache un sourire doux-amer sur fond de guitares poussiéreuses. The Imperfectionist, morceau-titre, sonne comme un manifeste : l’élégance du flou, la poésie du déséquilibre. John Henry Lee sonne comme un conte folklorique perdu dans le temps, alors que Mariachi renoue avec des cuivres festifs, presque de western burlesque.

No Force et SOS apportent une gravité plus minimaliste, presque méditative, avant que The Western ne referme l’album sur une note cinématographique, comme le générique d’un film imaginaire, tourné quelque part entre Tucson, Naples et Dakar.

Produit avec finesse (notamment par Keith Witty, collaborateur new-yorkais de choix), The Imperfectionist réussit à être à la fois modeste et ambitieux, local et global. Il évite l’écueil de la fusion démonstrative pour proposer une vraie sincérité musicale. Rien n’est forcé, rien n’est figé. Comme si la musique de Nothing Concrete n’avait qu’un seul objectif : faire vibrer les âmes inclassables.

Rendez-vous à Glastonbury pour vérifier tout ça sur scène. Mais d’ici là, laissez-vous happer par ce disque humble et majestueux.

Pour découvrir plus de nouveautés POP, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAPOP ci-dessous :

Written By
Extravafrench

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