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Karim Albert Kook dévoile Roots of Blues : le blues repris à bras-le-corps, raconté autrement

Karim Albert Kook dévoile Roots of Blues : le blues repris à bras-le-corps, raconté autrement
  • Publishedjuillet 9, 2025

Ceci n’est pas un simple album hommage, ni une suite de reprises bien sages. Roots of Blues est un manifeste. Karim Albert Kook et Édouard Bineau revisitent douze classiques du blues avec une ardeur et une sincérité rares, comme pour rappeler que cette musique, née de la douleur et de la résilience, n’appartient à personne et parle à tout le monde. Avec leurs racines algériennes et françaises, les deux musiciens font résonner des histoires de migration et d’identité qui dialoguent naturellement avec l’héritage afro-américain du blues.

Dès Rolling and Tumbling, le ton est donné : un riff acéré, une voix rocailleuse, un harmonica qui semble souffler la poussière des chemins de fer du Mississippi. Cette ouverture est à la fois brute et élégante, une véritable déclaration d’intention qui invite à écouter autrement ces standards centenaires.

Sur It Hurts Me Too, la douleur contenue des paroles se déploie dans une interprétation sobre mais poignante. Karim Albert Kook y fait vibrer sa guitare comme un cœur qui bat trop fort, tandis qu’Édouard Bineau insuffle à son harmonica une mélancolie presque cinématographique.

Avec Dust My Broom, le duo prend des accents plus rugueux. Le morceau s’enflamme, porté par une guitare slide qui semble tracer une route vers le Sud profond. On sent l’héritage d’Elmore James, mais ici, il est filtré par la sensibilité d’un musicien qui connaît lui aussi les errances et les exils.

Le classique Hoochie Coochie Man est revisité avec une fougue nouvelle. Ici, la voix rauque de Karim devient incantatoire, presque chamanique. Ce morceau, souvent perçu comme un symbole de puissance masculine, se teinte d’une gravité qui en révèle toute l’ambivalence.

Puis arrive Midnight Special, avec son tempo lancinant et sa lumière crépusculaire. La chanson, qui évoque la liberté rêvée par les prisonniers, trouve ici une résonance particulière. Le duo y insuffle une douceur amère, entre espoir et résignation.

Sur Key to the Highway, la guitare et l’harmonica dialoguent dans un équilibre parfait. Ce morceau de départ et de routes infinies est interprété comme une marche lente, presque méditative. Karim semble y murmurer ses adieux à un monde en feu.

I’ve Got My Mojo Working apporte un souffle plus joyeux, presque espiègle. La voix se fait plus joueuse, l’harmonica danse autour des notes comme un feu follet. Après la tension des titres précédents, c’est une bouffée d’air qui invite à la fête.

Enfin, King Bee et Trouble in Mind referment l’album dans une ambiance plus introspective. Le premier joue sur un groove hypnotique et sensuel, tandis que le second, empreint de blues pur, livre une confession désarmante, une vérité nue qui clôt ce voyage sonore en beauté.

Roots of Blues ne se contente pas de revisiter le passé. Il questionne notre présent. Karim Albert Kook et Édouard Bineau y insufflent leurs histoires, leurs cicatrices, et leur vision d’un monde où le blues reste un cri universel. Ici, pas d’artifice : juste deux musiciens qui jouent comme on respire, avec urgence et sincérité.

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Written By
Extravafrench

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