Sur BADMAN, Goya Menor frappe fort et sans détour, livrant un morceau qui incarne toute l’ambivalence de l’afrobeats moderne : entre lumière des clubs et ombres des rues. Connu pour son flair à transformer des refrains en slogans viraux (Ameno Amapiano reste gravé dans les mémoires), l’artiste nigérian prend ici une tangente plus rugueuse, infusant son afro-pop d’aspérités hip-hop et de textures world percutantes.
Dès les premières secondes, une basse lourde et vibrante s’installe, accompagnée de percussions syncopées qui rappellent la moiteur de Lagos à la tombée de la nuit. Le flow de Goya, mi-chanté mi-rappé, serpente sur l’instrumental comme une mise en garde, tantôt suave, tantôt tranchant. Il y a cette assurance presque insolente qui transparaît dans chaque ligne, une manière de se poser en narrateur des contradictions de son environnement : luxe et danger, fête et survie.
La production, riche mais jamais saturée, convoque à la fois les synthés brillants typiques de l’afrobeats et des éléments plus sombres, presque trap, qui renforcent le côté “badman” du titre. Cela donne un morceau qui peut embraser un dancefloor tout en gardant une charge narrative presque cinématographique.
Avec BADMAN, Goya Menor prouve qu’il n’est pas seulement un faiseur de hits, mais aussi un conteur capable d’incarner la dualité de l’afro-fusion : celle qui fait danser et réfléchir, sourire et serrer les dents. Ce n’est pas une simple chanson, c’est une déclaration d’identité, un rappel que derrière le rythme enivrant, il y a des histoires de pouvoir, de résilience et d’attitude.
Faut-il s’attendre à ce que BADMAN devienne un hymne des nuits afro-pop mondiales ? Très probablement. Mais à la différence des morceaux festifs qui s’évanouissent à l’aube, celui-ci laisse une empreinte, un goût de poussière et d’or mêlés.
Pour découvrir plus de nouveautés AFRO, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAFRO ci-dessous :
