La première pulsation surgit comme un signal de détresse, étouffé par les murs d’un club qui n’existe pas encore. Un battement sourd, organique, qui s’infiltre dans la moelle épinière avant même qu’on réalise qu’on a appuyé sur Play. Et soudain, la lumière change. L’air devient épais, saturé d’une chaleur moite où se mêlent effluves de sueur, de cuir et d’encens électronique. Le monde extérieur s’efface, aspiré par ce vortex de basses et de percussions tribales.
Ghosts of Sound – Afro House Remix est un passage. Une porte entre les dimensions. LX8, alchimiste sonore, y sculpte un espace où les tambours afro house semblent convoquer des esprits anciens tandis que les nappes synthétiques dessinent l’horizon d’un futur incertain. On se retrouve à danser sur une ligne de faille, quelque part entre le XIXe siècle et un club de Londres à 4h du matin.
La progression est lente, hypnotique. Les beats grondent comme des pas de géants invisibles. Chaque montée s’étire, suspend le souffle, chaque drop libère une onde de choc qui traverse les corps serrés sur le dancefloor. Ce n’est plus de la musique, c’est un champ magnétique, une pulsation collective. LX8 ne se contente pas de remixer : il tisse un mythe sonore où chaque note est un fragment d’histoire, chaque boucle une incantation.
Dans cette transe, des images surgissent par à-coups : Alex Campbell, héroïne de The Panharmonion Chronicles, DJ et guerrière temporelle, mixant pour un peuple en fuite sous la menace d’un empire tyrannique. On la voit, silhouette solitaire derrière des platines artisanales, ses beats amplifiant le courage d’une communauté entière. La fiction et le réel se brouillent, comme les lignes entre afro house, melodic techno et trance.
LX8 joue ici à la manière d’un John Carpenter de la scène électronique : musicien, conteur, architecte d’univers. Chaque texture, chaque réverbération semble porter une mémoire, un écho de luttes passées et à venir. Ce remix, qui s’annonce comme une pièce d’un double album conceptuel, est bien plus qu’un outil pour DJ sets. C’est une arme, un rituel, une invitation à se réapproprier le corps et l’espace.
Et quand le morceau s’éteint enfin, il ne laisse pas le silence mais une vibration. Un bourdonnement qui continue longtemps après, comme le souvenir d’une nuit qu’on n’arrive pas à quitter. Avec Ghosts of Sound – Afro House Remix, LX8 a offert une expérience qui déborde du son, qui se vit dans la chair et dans les nerfs, comme un rêve lucide dont on sort plus léger, mais jamais indemne.
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