Il y a dans Destiny un parfum de solitude cosmique, une errance de nuit blanche passée à scruter les étoiles sans jamais décrocher de réponses. JonesInSpace livre ici un morceau qui a tout d’un carnet de bord d’un astronaute de l’âme, entre ego trip céleste et introspection sans oxygène. Loin des logiques trap ou boom bap trop terrestres, Destiny prend de la hauteur : les kicks sont discrets, la prod respire, les textures s’effilochent comme des traînées de comète. Un flow sobre mais magnétique s’impose, ni pressé ni détaché, comme s’il récitait une prophétie apprise dans un rêve.
Le titre s’ancre dans cette tradition d’un hip-hop onirique et alternatif à la Open Mike Eagle, Isaiah Rashad ou Mick Jenkins : un groove brumeux, du spoken word déguisé en rap, une instrumentation qui évoque plus la suspension que l’impact. Les synthés granuleux s’enroulent autour des mots, la ligne de basse avance à tâtons, et chaque silence est un battement de cœur entre deux décisions.
JonesInSpace ne joue pas au visionnaire, il parle simplement depuis son orbite. Destiny n’est pas une leçon, c’est une question lancée dans le vide, une exploration douce et lucide de ce qui nous pousse à continuer, même quand le sens se brouille. Pas besoin de punchlines spectaculaires ni d’effet de style : l’émotion est là, planante, en apesanteur.
Un morceau pour les insomniaques métaphysiques, les rêveurs fatigués, les astronautes du quotidien.
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