Il ne faut parfois qu’un souffle pour qu’un battement d’ailes devienne une prière. Avec When Doves Fly, Apollo Vizion ne chante pas, il libère. Dans cette ballade R&B éthérée, lentement suspendue entre ciel et cendre, il murmure l’adieu universel, celui qu’on évite, qu’on retarde, qu’on rêve de repousser. C’est un chant sur la fin de tout — la douleur, la joie, la vie elle-même — et pourtant, dans cette dislocation douce, il y a une beauté souveraine.
La production suit ce fil d’effacement progressif. Les nappes ambient s’étirent comme des souvenirs flous, portées par des textures lo-fi et des touches de piano granuleuses. Le beat, discret mais ferme, agit comme un rappel au sol, une pulsation cardiaque qui bat sous la torpeur. On est quelque part entre James Blake et Frank Ocean période Blonde, mais en plus dépouillé, presque spectral.
La voix d’Apollo Vizion, elle, flotte à la lisière de l’intime et de l’universel. Elle semble sortie d’un rêve, ou d’un souvenir trop ancien pour être restitué. Chaque mot semble trembler sous le poids de l’acceptation. Pas de colère ici, pas de nostalgie vengeresse. Juste la reconnaissance douce-amère que tout finit — et que dans cette fin, il y a peut-être un début invisible.
When Doves Fly ne cherche pas à raconter une histoire. Il la laisse s’effacer. Comme un dernier regard échangé dans un aéroport désert, comme une plume tombée sans bruit. Une méditation mélancolique sur l’impermanence, offerte avec pudeur, comme un secret confié au vent.
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