Pas besoin de hurler pour secouer les consciences : Woke de Sambol frappe en douceur, comme une onde de choc venue du fond de l’âme. À la croisée de l’afrofusion, du trap éthéré et d’un cloud rap presque mystique, ce morceau semble flotter entre deux mondes — celui du bitume et celui des étoiles.
La production, brumeuse mais vibrante, mêle percussions afro distillées avec parcimonie, nappes synthétiques façon gospel numérique, et basses souterraines qui grondent plus qu’elles ne frappent. On y retrouve une sorte de langueur moelleuse, cette nonchalance calculée typique des scènes emo-rap, mais portée ici par une rythmique et une esthétique clairement panafricaines. C’est Travis Scott qui médite avec Burna Boy au bord d’un lagon lunaire.
Le flow de Sambol est une litanie intérieure : tantôt récité, tantôt chanté, toujours habité. Il parle de lucidité, de réveil, de fatigue aussi. Woke, ici, n’est ni une posture, ni un slogan ; c’est un état d’esprit fiévreux, troublé, presque douloureux — celui de quelqu’un qui a vu à travers le vernis du monde, sans pour autant trouver les mots pour s’en échapper. Il ne dénonce pas, il raconte : les relations fragmentées, la pression sociale, l’envie de silence, les souvenirs brouillés.
Un titre à écouter seul, casque vissé sur les tempes, dans la nuit chaude d’une ville encore éveillée. Sambol signe ici un manifeste intime pour une génération qui doute mais avance, doucement, les yeux grands ouverts.
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