Pas de gimmick, pas de détour. CALL IT WHAT IT IS frappe comme un pamphlet électrique, une prière sans foi à ceux qui détournent le regard. Sur une production hybride entre hip-hop alternatif, house déstructurée et RnB abrasif, Webmoms et Dizraeli s’unissent pour livrer une charge politique aussi froide que vitale. Ici, chaque mesure est une balafre, chaque ligne une alerte. Ce n’est pas une chanson, c’est un cri pensé.
Dizraeli, qu’on connaît pour son spoken word viscéral, sculpte des vers à l’os, sans lyrisme de trop, sans vernis émotionnel — juste la vérité nue, celle qu’on préfère ignorer. Les chiffres tombent comme des balles, les noms comme des pierres. La voix, posée mais insoumise, semble lire un rapport d’autopsie sur une humanité qui aurait raté sa chance de rester debout.
Face à lui, Webmoms construit une architecture musicale élastique et grave. La rythmique tangue, presque incertaine, comme si elle-même refusait la linéarité. Des nappes électroniques viennent hanter l’espace, tandis que les basses claquent comme des rappels à l’ordre. On pense à James Blake en colère, à Burial sans sommeil, à un Tricky plus lucide que jamais.
CALL IT WHAT IT IS ne cherche pas à séduire. Il accuse. Il documente. Il dérange. Et c’est précisément ce qui le rend indispensable. À l’heure où l’opinion publique se dilue dans des posts sans mémoire, cet hymne brûlé par l’indignation rappelle qu’il existe encore des artistes qui regardent le monde en face, sans filtre, sans compromis. Un acte de résistance sonore.
Pour découvrir plus de nouveautés du moment, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVANOW ci-dessous :
