Ce n’est pas une louange. Ce n’est pas un sermon. Ce n’est pas non plus une simple chanson de R&B contemporain. I Need Faith de Will Ngonga se tient ailleurs, dans ce territoire fragile entre un cœur brisé et une main tendue vers le ciel, entre l’ombre du doute et la lueur obstinée de la confiance.
Sur une production douce et cristalline, bercée par des influences Afrobeats à peine effleurées — quelques percussions percolantes, un groove qui respire — Will tisse une supplique intime, presque murmurée. On ne frappe pas à la porte du ciel ici, on la caresse. Il n’y a ni colère, ni triomphe. Juste la sincérité nue d’un homme qui vacille, mais refuse de tomber sans espérer.
La voix de Will Ngonga est habitée. Elle n’explose jamais, mais elle pulse d’émotion retenue, de larmes étouffées par la pudeur. Il y a dans sa façon de chanter une forme de respect pour le silence, comme si chaque note était une prière soufflée entre deux soupirs. On pense aux échos délicats de DOE ou à la ferveur minimaliste de Sam Rivera : ce sont les silences qui chantent, ici. Les creux. Les fissures.
Musicalement, I Need Faith fait le pont entre le gospel introspectif et les textures suaves du R&B alternatif, avec des arrangements sobres mais pleins de grâce. L’instru ne cherche jamais à séduire par l’esbroufe : elle accompagne, soutient, entoure. Comme une main sur l’épaule, comme un souffle divin.
Et puis il y a les mots. Simples, presque anodins, mais chargés de ce qu’on ne dit qu’à Dieu. Des mots de fatigue, d’attente, de confiance éreintée. C’est cette honnêteté qui bouleverse. Car au fond, I Need Faith parle de nous tous. De cette lutte secrète entre croire et céder, entre la foi comme lumière et la foi comme combat.
Un morceau pour les nuits sans sommeil, pour les matins sans réponses. Un morceau qui ne promet pas de miracle, mais qui en est peut-être un.
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