Les premières secondes claquent comme une gifle donnée au sommeil. La guitare, nerveuse, s’agrippe à une ligne de basse qui sue l’urgence. La batterie, elle, ne s’embarrasse pas de subtilité : elle frappe pour rester en vie. Dans This Scene is Over, The Fades ne livrent pas seulement un morceau, mais un état des lieux brutal de ce qu’il reste quand l’oxygène manque dans les poumons du rock indépendant.
C’est le cri de ceux qui ont vu la lumière des néons des salles s’éteindre une à une, remplacées par des vitrines Airbnb ou des friches gentrifiées. La rage de ceux qui savent que les premiers concerts, les petites scènes, les lendemains avec les oreilles qui bourdonnent… tout ça ne se remplace pas par un live stream ou un algorithme de recommandation. The Fades condensent cette frustration dans un post-punk tendu, criblé d’arpèges tranchants et de refrains qui sentent la sueur et la bière renversée.
Sous l’écume de la colère, il y a pourtant une mélancolie têtue : celle de musiciens qui ont tout donné pour une scène qui s’effrite. Le morceau respire comme une course à bout de souffle, où chaque mesure devient une façon de repousser l’inéluctable. Et si le titre annonce une fin, l’énergie qui s’en dégage dit l’inverse : que rien n’est terminé tant que les amplis ronflent encore, tant qu’il reste un micro qui hurle dans le noir.
This Scene is Over n’est pas une simple chanson militante. C’est une archive sonore de ce moment précis où un groupe choisit de se battre en musique plutôt que de signer l’acte de décès de sa propre histoire. Un morceau qui donne envie de se retrouver, serrés dans une salle trop petite, à chanter plus fort que l’ampli, juste pour prouver qu’ils ont tort.
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