Ça commence par une montée qui n’a pas honte d’elle-même, une envie de plafond qui se cogne et rit plus fort. SAPPHIC n’est pas un simple ticket club : c’est un manifeste de peau, de sueur, de regard assumé, taillé pour celles qui ne demandent plus la permission d’occuper la piste. SOPHIE SHREDZ joue franc : désir queer en plein faisceau, corps qui se répondent, vitesse comme langage. À la prod, Slush Puppy ne caresse pas, il découpe. On sent la patte hyperpop — angles brillants, textures qui crissent — mais sans sacrifier le chant de l’Electro Pop : mélodie frontale, hook qui reste, attitude qui déborde.
Techniquement, c’est redoutable. Kick compact, sidechain nerveux qui avale l’air à chaque mesure ; clap claquant, charleys en rush contrôlé qui tirent la métrique vers l’avant. La basse, mi-acide mi-limpide, construit un rail danseable qui ne s’effondre jamais même quand la saturation flirte avec la limite. Les synthés alternent plastique chic et grain scié, avec ces micro-glissandi qui donnent l’impression que le morceau te tire par la manche. Les drops refusent la caricature EDM : ce sont des retournements de perspective, compressions soudaines, mini-breaks où l’espace se réduit à un battement de cœur avant d’exploser en stroboscope. Le mix est agressif mais propre, très “hyperpop compatible”, compression bus assumée, aigus brillants, voix en avant sans perdre l’attaque des transitoires.
Au micro, SOPHIE SHREDZ ne s’excuse de rien : diction claire, mordant pop, grain qui accroche les consonnes comme des piercings. L’interprétation tient l’équilibre entre provocation et précision, cette ligne de crête où l’attitude devient architecture. Le propos — célébrer le désir femme-femme et la libération nocturne — s’incarne sans leçon ni posture : c’est la musique elle-même qui performe l’émancipation, souffle court, tempo long, sourire carnassier.
Ce qui rend SAPPHIC essentiel, c’est la cohérence du geste. Alternative dance dans l’âme, hyperpop dans la carrosserie, pop dans la visée : un hymne qui préfère la sueur au slogan. On l’imagine aussi bien transpercer un warm-up que lever un closing, ce moment où tu comprends que l’utopie n’a pas besoin d’autorisation pour s’allumer. SOPHIE SHREDZ signe un banger de plain-pied, dangereux au meilleur sens : celui qui t’oblige à exister plus fort. SAPPHIC n’ouvre pas la porte, il l’arrache de ses gonds — et la piste dit merci.
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