Je croyais mon cortex blasé par les promesses de la pop sentimentale ; trois secondes plus tard, mes synapses signaient. Regulator of My Dopamine ne séduit pas, il recâble. Exzenya, voyageuse polyglotte et stratège de la sensation, transforme une intuition neuro en dramaturgie charnelle : le désir comme système de récompense, l’attachement comme architecture. Ce n’est pas un slogan, c’est une méthode — et ça s’entend.
Production d’orfèvre, pensée pour le corps et la tête. Tempo médian propulsé par un kick feutré mais ferme, transitoires propres, snare satinée qui casse net sans éclabousser. La basse, légèrement saturée, respire dans un sidechain discret ; elle pousse l’air sans étouffer, comme un souffle qui guide. Claviers en velours — Rhodes poli, couches synthétiques au grain fin — avec des automations de filtre millimétrées qui ouvrent le champ au moment exact où l’amygdale réclame sa dose. Quelques percussions “world” en arrière-plan agitent la périphérie, juste assez pour donner ce roulis international qui signe la patte Exzenya. Le mix est chirurgical : haut médium dompté, aigus brillants sans dureté, reverbs courtes pour la proximité, delays en quart qui dessinent une aura propre.
Au centre, la voix : proche, posée, magnétique. Harmonies empilées comme un dispositif de renfort émotionnel, doubles latéraux à peine audibles qui élargissent le buste du refrain. Rien de démonstratif ; une exactitude sensuelle, presque clinique, héritée d’un regard de psychologue sur les cycles affectifs. Le songwriting privilégie la courbe à l’uppercut : couplets compacts, pré-refrain qui relâche la mâchoire, hook qui agit par capillarité. Le pont resserre la perspective, réduit le champ, puis rend la lumière avec un frisson de dynamique — l’équilibre rare entre contrôle et abandon.
Ce titre s’inscrit dans une trajectoire déjà dessinée : pop-R&B moderne, soul dans le grain, EDM en discret exosquelette, et cette science comportementale qui irrigue la narration sans jargon. On entend la cheffe d’orchestre de sa propre légende : entrepreneuse, mentor, artiste hors âge catégoriel, Exzenya parle à une audience qui préfère l’autonomie au spectacle. Regulator of My Dopamine est plus qu’un banger : un protocole d’alignement. On sort aligné·e, dopé·e à l’éthique du lien, prêt·e à aimer avec voix claire et frontières nettes — et, surtout, avec la sensation grisante de s’appartenir davantage.
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