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Music Rap

Moguido nous embarque sans billet retour avec Take You Away (feat. Simone Don)

Moguido nous embarque sans billet retour avec Take You Away (feat. Simone Don)
  • Publishedaoût 18, 2025

Je descends le volume du monde et une petite scène apparaît : une guitare tenue comme on tient parole, un MC qui ne lâche ni les cordes ni le souffle, un band qui joue serré mais laisse l’air circuler entre les notes. Take You Away n’a rien de l’exercice de style ; c’est une procédure d’évacuation émotionnelle, écrite par quelqu’un qui préfère la tenue à la théâtralité. On pense boom bap pour l’ossature, néo-soul pour le grain de peau, conscious pour l’axe moral : résultat, un titre qui te redresse la nuque sans te le demander.

Côté fabrication, tout sonne vécu. Batterie feutrée, attaques sèches, fantômes de caisse claire qui polissent le rebond ; basse ronde, légèrement poussée autour des 80–100 Hz, qui gouverne la pièce sans l’étouffer ; guitare de Moguido en jeu hybride — pouce/onglets — dont les voicings respirent Rhodes et Curtis Mayfield, placements millimétrés avec le charley. Le micro est pris proche mais pas collé : sibilantes domptées, un soupçon de saturation harmonique qui colle la voix au mix, parallel compression très légère pour tenir les fins de phrase quand la main retourne au manche. Le live band ne cache rien : micro-déphasages charmants, dynamique respectée, zéro collage numérique pour tricher. C’est exactement ce qui donne envie d’y revenir.

Au micro, Moguido déroule un flow d’artisan : diction claire, syncopes fines, respirations laissées audibles comme autant de ponctuations. L’écriture vise l’utile — se convaincre autant que convaincre —, et c’est là que Simone Don entre, lumière rasante. Timbre velours, justesse tranquille, harmonies latérales à peine ghostées qui ouvrent le panorama au refrain ; elle ne sucre rien, elle clarifie. La complémentarité des timbres fonctionne comme un principe d’architecture : lui trace, elle stabilise, et la chanson devient véhicule.

La structure choisit la montée par capillarité. Couplets ramassés, pré-refrain qui incline la route, hook qui s’imprime sans élever la voix ; un pont retire la moitié du décor (batterie à balais, guitare en accords ouverts), puis retour en grand angle avec une basse plus large et des rimshots qui scintillent. Rien ne crie, tout insiste.

Verdict personnel : Take You Away coche les cases des morceaux qui durent. Pas de poudre aux yeux, de l’ébénisterie sonore ; pas d’ego-trip, un pacte : croire suffisamment en soi pour laisser la musique faire le reste. On appuie encore, et étrangement, le jour paraît mieux accordé.

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Written By
Extravafrench

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