Baby Please sonne comme une cassette oubliée des années 90 qui aurait traversé un vortex pour revenir, intacte mais dopée à l’énergie d’aujourd’hui. Sofia Eleni, héritière spirituelle des Janet Jackson et Mariah Carey qu’elle cite en influences, s’empare de la pop-RnB avec une désinvolture qui frôle l’insolence. Son morceau est une petite bombe ludique : une claque sucrée-salée, entre mélancolie camouflée et légèreté assumée.
La production convoque l’âge d’or du RnB pré-millénaire : boîtes à rythmes soyeuses, synthés satinés, ligne de basse bondissante. Mais tout est dépoussiéré, saturé de modernité, avec un groove qui ne cherche pas à singer le passé mais à le réinventer. Ce n’est pas un hommage figé, c’est une réappropriation joyeuse, presque ironique, d’un langage musical qui se fait ici arme d’émancipation.
Sofia Eleni, de sa voix claire et piquante, distille le désarroi amoureux sans s’effondrer dedans. Elle rit de ses blessures, danse sur ses colères, transforme les rancunes intimes en refrains contagieux. Il y a dans son interprétation une sincérité adolescente et une maturité tranquille, un mélange rare qui fait de Baby Please bien plus qu’un simple tube rétro. C’est un manifeste générationnel : l’art de tout dire, mais en le criant à travers des pas de danse et des refrains légers.
Ce titre a la légèreté des pyjamas parties où l’on chante devant le miroir, brosse à cheveux en guise de micro, mais aussi l’acidité d’une punchline murmurée à minuit après une trahison. Sofia Eleni réussit à faire du RnB un terrain de jeu ironique et libérateur. Avec Baby Please, elle signe un morceau qui brille autant pour sa nostalgie maîtrisée que pour son irrévérence, confirmant qu’elle ne veut pas seulement revisiter le passé : elle veut en écrire un nouveau chapitre, plus pop, plus sincère, plus libre.
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