Le rendez-vous avait tout pour basculer du bon côté : mood tamisé, groove soyeux, verres qui transpirent. Mais dès les premières mesures de Side Eye, Alexandros Sarafis transforme la scène en mini-film : la personne en face répète qu’elle en a fini avec son ex, sauf que chaque phrase ramène au fantôme. Et c’est là que le morceau trouve sa force : narrer avec une ironie douce-amère le décalage entre l’intention et la réalité, entre l’envie d’ouvrir une nouvelle page et le poids du passé qui colle au verre.
La production, signée Wizzy Wow (Grammy-nominé) et RXR (platinum sculptor de hits), replonge dans un R&B qui aurait pu tourner en radio au milieu des années 2000 — nappes satinées, basse ronde qui avance sans presser, batterie syncopée qui respire plus qu’elle ne frappe. L’instrumental ne force rien : il laisse la place au storytelling, comme une soirée qui s’étire malgré les faux pas.
Alexandros Sarafis se glisse dans le rôle de l’observateur à moitié amusé, à moitié désabusé, oscillant entre séduction et perplexité. Jazz Montell, déjà remarqué avec Bees & Honey, arrive en contrepoint, ajoutant une texture plus rugueuse, presque complice dans le constat. Ensemble, ils créent une alchimie particulière : pas l’amour flamboyant, mais cette étrange complicité qui naît dans les rendez-vous qui partent en vrille.
Side Eye ne cherche pas l’hymne dramatique, il préfère la finesse : un sourire en coin, un beat nostalgique, et ce constat universel que parfois, les premiers rendez-vous se résument à un long monologue sur quelqu’un d’absent. Un R&B à la fois drôle, élégant et terriblement humain.
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